Mitt Romney n'a pas prévu de restreindre l'avortement s'il est élu

"Je n'ai pas connaissance d'un projet de loi sur l'avortement qui ferait partie de mon programme", a déclaré mardi soir le républicain dans une interview avec le quotidien Des Moines Register, dans l'Iowa (nord), un Etat très disputé en vue de l'élection du 6 novembre.

Pour autant, une de ses porte-parole a précisé dans un message envoyé au journal National Review que Mitt Romney pourrait soutenir "toute législation visant à fournir une plus grande protection pour la vie".

Mitt Romney indique en revanche qu'il réactiverait, par décret, une mesure qui prohibait l'utilisation de l'aide étrangère américaine pour financer des centre de planning familial pratiquant des avortements. Le président Barack Obama avait annulé ce décret, dit "Mexico City Policy", au début de son mandat.

En campagne, le républicain a indiqué plusieurs fois qu'il était favorable à l'annulation d'une décision de la Cour suprême dans l'affaire "Roe contre Wade", en 1973, qui avait légalisé l'avortement dans tout le pays. Selon lui, l'avortement devrait être illégal sauf en cas de viol, d'inceste et de danger pour la santé ou la vie de la mère.

Le retard de Mitt Romney sur Barack Obama au sein de l'électorat féminin dans les sondages pourrait expliquer ce réalignement vers le centre du républicain, qui avait mené une campagne des primaires très conservatrice.

Mitt Romney qualifie souvent sa position de "pro-vie" ("pro-life", le terme employé par les abolitionnistes) et s'est engagé à nommer des juges anti-avortement à la Cour suprême.

L'équipe de campagne du président Barack Obama, qui défend une position favorable au droit à l'avortement, dite pro-choix ("pro-choice"), a accusé mercredi le républicain de vouloir dissimuler ses positions "extrémistes" pour séduire les électeurs et électrices indécis.

Mitt Romney "sait (...) que sa position est mauvaise pour ses chances à la présidentielle, et maintenant il essaie de la dissimuler", a accusé Stephanie Cutter, directrice adjointe de la campagne du président démocrate sortant.

Il "cache ses vraies positions, de façon cynique et malhonnête", et "les femmes ne peuvent pas faire confiance à Mitt Romney".

De son côté, la directrice de la fondation du planning familial, Cecile Richards, a pointé lors de la même téléconférence la contradiction entre les déclarations de Mitt Romney au Des Moines Register et celles de sa porte-parole.


AFP

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