Mitt Romney froisse d'emblée ses hôtes britanniques

Le candidat républicain Mitt Romney arrive au 10 Downing Street, la demeure du Premier ministre britannique, le 26 juillet 2012
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Le candidat républicain Mitt Romney arrive au 10 Downing Street, la demeure du Premier ministre britannique, le 26 juillet 2012 - © Carl Court

Le candidat républicain à la présidence américaine Mitt Romney a débuté jeudi à Londres une visite destinée à asseoir sa stature internationale, mais marquée d'emblée par des propos controversés sur l'impréparation des JO et l'"héritage anglo-saxon".

Le candidat républicain a pris soin d'organiser sa tournée de six jours dans des pays clés: la Grande-Bretagne, avec qui Washington entretient une "relation privilégiée" maintes fois rappelée depuis la guerre, la Pologne et Israël, deux pays ayant d'importantes communautés outre-Atlantique, essentielles dans la chasse aux voix.

Mais les propos peu diplomatiques tenus par le candidat républicain sur la chaîne NBC News à son arrivée mercredi à Londres ont jeté un froid: Mitt Romney y jugeait "troublantes" et "peu encourageantes" les défaillances de la compagnie de sécurité G4S qui ont contraint l'armée à mobiliser davantage de soldats pour encadrer les Jeux, et la grève -annulée- des agents d'immigration et des douanes britanniques.

Autant d'épisodes que les autorités britanniques préféreraient oublier, plutôt que se les voir rappeler par un hôte américain à la veille de la cérémonie d'ouverture.

Propos racistes ?

Pire, le Daily Telegraph a jeté un pavé dans la mare en prêtant à un conseiller de Mitt Romney des propos pouvant passer pour racistes, dans une métropole aux multiples communautés ethniques.

"Nous partageons le même héritage anglo-saxon et il (Mitt Romney) pense que la relation privilégiée est quelque chose de spécial", aurait expliqué un de ces conseillers au journal britannique.

Ces déclarations peuvent être comprises comme une référence voilée aux origines de Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis né d'un père kényan, remarquait le Telegraph.

Image brouillonne

La porte-parole du candidat républicain a eu beau démentir les déclarations, l'ensemble donne une image brouillonne pour un candidat qui cherche précisément à "démentir le sentiment qu'il donne d'avoir une faible emprise sur les dossiers de politique étrangère", selon le quotidien The Guardian (gauche).

Et le journal de rappeler que Mitt Romney avait qualifié la Russie de principal ennemi des Etats-Unis, un propos plus proche de l'ambiance de la guerre froide que des défis du 21e siècle, et qu'il est taxé "d'esbroufe" vis-à-vis de l'Iran.

Stacey Hilliard, une militante de la campagne de Mitt Romney pour devenir gouverneur du Massachusetts (2003), interviewée jeudi matin par la BBC, était bien en peine pour citer les différences de son candidat avec le président Obama en matière de politique étrangère.

Elle a notamment reconnu qu'il n'était "pas question d'envoyer des soldats américains en Syrie".

Et elle a expliqué que la référence à l'"héritage anglo-saxon" visait uniquement à évoquer "une histoire partagée" entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

L'entourage de David Cameron insiste sur l'excellence des relations du Premier ministre britannique avec Barack Obama. En revanche, David Cameron s'était bien gardé de rencontrer le candidat républicain lorsqu'il s'est rendu en visite à Washington en mars dernier.

Les républicains américains, alliés "naturels" des conservateurs britanniques du temps de Margaret Thatcher, ont singulièrement droitisé leur discours sous la pression du "Tea Party". Sur la protection sociale, les impôts ou les droits des couples homosexuels, les deux partis sont désormais à des années-lumière, observe le Daily Telegraph.

AFP

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