"Miracle, leçon politique et nouvelle stratégie" : les réactions sur le Brexit après le sommet européen

Le sommet de ce vendredi
Le sommet de ce vendredi - © POOL CHRISTOPHE LICOPPE - BELGA

Le président du Conseil européen Donald Tusk a affirmé vendredi que « tout restait possible » jusqu’à la nouvelle date butoir du Brexit, fixée au 12 avril si les députés britanniques n’approuvent pas le traité de retrait.

« Jusqu’au 12 avril, tout est possible : un accord, une longue extension – si le Royaume-Uni décidait de revoir sa stratégie – ou une révocation de l’article 50 », ce qui signifierait que Londres renonce au Brexit, a commenté M. Tusk à l’issue du sommet européen de printemps. « Le sort du Brexit est entre les mains de nos amis britanniques. Nous, les Européens, sommes préparés pour le pire mais nous espérons le meilleur. Comme vous le savez, l’espoir meurt le dernier », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre belge Charles Michel a, de son côté, rappelé le scénario conçu par les Européens en accord avec Mme May, soit un report du Brexit au 22 mai si l’accord de retrait est approuvé la semaine prochaine par la Chambre des communes, ou au 12 avril dans le cas contraire. « Il y a au final deux options : la première est qu’il y a bel et bien un accord et un deal la semaine prochaine. L’autre c’est qu’il y ait un miracle. Je ne dis pas que je n’y crois pas, mais je sais que les miracles sont rares », a lancé M. Michel. « Ce miracle voudrait dire qu’il y aurait dans les prochains jours une surprise dans le débat politique britannique qui ne s’est pas produite jusqu’à maintenant. En clair, il faudrait que les lignes rouges du Royaume-Uni puissent être, pour certaines d’entre elles, levées et ouvrent ainsi une perspective vers un accord », a-t-il ajouté.

« Le Brexit ? Une leçon politique »

Le Brexit n’est pas d’abord une négociation technique mais une leçon politique, a déclaré vendredi Emmanuel Macron, après la décision des dirigeants européens de repousser de quelques semaines la date de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. « Nous avons trouvé hier un bon accord, la France s’y est beaucoup impliquée, c’est un accord qui respecte nos principes », a dit le président français à l’issue du Conseil européen, à Bruxelles.

« Le Brexit à mes yeux n’est aujourd’hui au fond pas une négociation technique, c’est avant toute chose une leçon politique. Proposer le rejet de l’Europe sans projet mène à l’impasse, la situation britannique nous le démontre et chacun doit en avoir conscience », a-t-il ajouté.

Vote mercredi prochain au parlement britannique ?

De son côté, Le chef de l’opposition britannique, le travailliste Jeremy Corbyn, a jugé vendredi que le Parlement de Westminster devait reprendre la main pour tenter de sortir de l’impasse dans le dossier du Brexit. Il a proposé que des votes soient organisés mercredi prochain au Parlement sur des projets de Brexit autres que celui mis au point par la Première ministre Theresa May et l’UE. « L’amendement visant à permettre des votes indicatifs a été rejeté de très peu au Parlement et il sera de nouveau présenté lundi. S’il est accepté, ces votes indicatifs auront lieu mercredi après-midi », a dit Jeremy Corbyn sur Sky News.

Deux dates butoirs et des interrogations

Les dirigeants des pays européens ont décidé jeudi d’accorder à Londres un report au 12 avril de la date butoir du Brexit, initialement prévu le 29 mars. Ils ont prévu deux scénarios : si le parlement britannique donne son feu vert à l’accord de retrait négocié par Theresa May avec l’UE, un report plus long jusqu’au 22 mai sera accordé, à la veille des élections européennes. Si ce n’est pas le cas, le Royaume-Uni aura jusqu’au 12 avril pour dévoiler une nouvelle stratégie, qui devra alors convaincre les 27 d’accorder un nouveau report, bien plus long. Et qui impliquerait que les Britanniques participent aux élections européennes.

Selon les Européens, cette « nouvelle stratégie » impliquerait par exemple l’organisation de nouvelles élections au Royaume-Uni, un second référendum, ou encore la requête de négocier une union douanière avec l’UE après le Brexit.

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