Milos Zeman élu président de la République tchèque

Le candidat à la présidentielle Milos Zeman vote à Prague, le 25 janvier 2013
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Le candidat à la présidentielle Milos Zeman vote à Prague, le 25 janvier 2013 - © AFP

L'ex-Premier ministre de gauche Milos Zeman, 68 ans, a remporté l'élection présidentielle tchèque au suffrage universel direct, en obtenant 55,7% des voix après le dépouillement de 94% des bulletins.

Les Tchèques choisissaient samedi leur président entre deux pro-européens, le chef de la diplomatie Karel Schwarzenberg (droite) et l'ex-Premier ministre Milos Zeman (gauche), au coude à coude pour briguer la succession de l'eurosceptique Vaclav Klaus dont le mandat expire le 7 mars.

 

Son rival, le chef de la diplomatie Karel Schwarzenberg (droite), 75 ans, a obtenu 44,3%, selon ces résultats quasi-définitifs, communiqués par l'office des statistiques (CSU).

Les bureaux de vote ont fermé en fin de matinée. Le nom du nouveau chef de l'Etat, qui prêtera le serment le 8 mars, devrait être connu en milieu d'après-midi, selon l'office des statistiques (CSU).

Au premier tour, M. Zeman, 68 ans, avait obtenu 24,21% des voix, alors que M. Schwarzenberg, 75 ans, était crédité de 23,4%.

Selon les estimations des médias, le taux de participation pourrait être proche de celui du premier tour (61,31%).

"Environ 50% des électeurs inscrits dans notre circonscription sont déjà venus voter vendredi, comme au premier tour", a indiqué samedi matin à l'AFP un membre de la commission électorale dans le quartier praguois de Troja.

Karel Shwarzenberg, un aristocrate en politique

Issu d'une vieille lignée princière et grand partisan des droits de l'Homme et des valeurs traditionnelles, Karel Schwarzenberg bénéficie d'une position très forte à Prague et dans d'autres grandes villes.

M. Zeman, économiste de gauche connu pour ses déclarations musclées aux accents populistes, gagne de son côté des points surtout auprès de l'électorat de gauche et en province, frappée par la crise économique.

Il a sollicité le soutien du parti communiste, contrairement à Karel Schwarzenberg, un anti-communiste farouche, qui vivait en exil à l'époque du pouvoir totalitaire dans l'ex-Tchécoslovaquie (1948-1989).

Dans les deux cas, les Tchèques choisissaient un pro-européen et tourneront la page du très eurosceptique Vaclav Klaus, âgé de 71 ans.

"Karel Schwarzenberg est un avocat convaincu de l'intégration européenne, alors que Milos Zeman est un pragmatique capable de changer de position avec flexibilité", estime toutefois le politologue Josef Mlejnek, de l'Université Charles à Prague.

Les décrets Benes au coeur de la campagne

La campagne électorale a été ponctuée de tensions et d'invectives personnelles, notamment à propos de la question sensible des décrets Benes, du nom de l'ancien président tchécoslovaque Edvard Benes qui les a signés après la Seconde guerre mondiale. Par ces textes, condamnés par M. Schwarzenberg, quelque trois millions d'Allemands et d'Autrichiens des Sudètes avaient été dépossédés de leurs biens et expulsés de Tchécoslovaquie.

Le quotidien populaire Blesk a publié vendredi sur toute une page une publicité accusant Karel Schwarzenberg, en exil de 1948 à 1989, d'agir en faveur des Allemands des Sudètes.

"C'est un mensonge! Une saleté!", a réagi M. Schwarzenberg devant la presse, alors que l'équipe de M. Zeman a nié être derrière cette publicité, commandée par un ancien officier de l'ex-police politique communiste StB.

"Une finale insidieuse", titrait samedi le grand quotidien praguois Lidove Noviny, publiant en première page une photo de cet ancien agent, Vladimir Zavadil, prise en octobre 1988 au moment où il participait à la dispersion par la force d'une manifestation anti-communiste.

Le Premier ministre Petr Necas a stigmatisé vendredi une "campagne hystérique" qui a "divisé la société".

Cette présidentielle se déroule sur fond de morosité générale, provoquée par la récession économique et un taux de chômage de 9,4%.

Le nouveau chef de l'Etat sera le troisième depuis l'indépendance de la République tchèque en 1993, après l'artisan de la "Révolution de velours" de 1989 et chef de l'Etat Vaclav Havel (1989-2003) et l'économiste libéral Vaclav Klaus (président depuis 2003), élus par le Parlement, dans une procédure critiquée pour sa complexité.


AFP

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