Etats-Unis: les démocrates conquièrent la Chambre, les Républicains conservent le Sénat

Etats-Unis: les démocrates conquièrent la Chambre, les Républicains conservent le Sénat
4 images
Etats-Unis: les démocrates conquièrent la Chambre, les Républicains conservent le Sénat - © BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

Porté par une vague de mécontentement à l'égard de Donald Trump, le Parti démocrate a ravi le contrôle de la Chambre des représentants tenu depuis huit ans par la majorité républicaine lors des élections de mi-mandat, ce qui va lui permettre de s'opposer au programme du président et de demander davantage de comptes à son administration. Mais les républicains conservent le pouvoir au Sénat où ils gagnent même du terrain : 6 sièges d'avance (+2, soit 51 contre 45 pour les démocrates, sur base des résultats provisoires avec 32 des 35 sièges en jeu). Avec les résultats connus pour 413 des sièges sur 435 à la Chambre, et une avance de 27 sièges pour les démocrates (220 contre 193 pour les républicains), nous sommes loin d'une "vague" bleue en faveur des démocrates comme l'avaient prédit certains observateurs. Au niveau des gouverneurs, 22 démocrates ont été élu (+7), et 25 républicains (-7).

Deux ans après la victoire choc de Donald Trump, propulsé à la Maison Blanche sans la moindre expérience politique ou diplomatique, les Américains se sont pressés en nombre dans les bureaux de vote. 

La cohabitation risque d'être difficile. Décidé à ne pas perdre la face, le président Donald Trump évoque sur son compte Twitter un "immense succès" malgré tout.

Référendum pro ou anti Trump

Il s'agit pourtant d'un revers de taille pour Donald Trump, chef de file républicain, dont la personnalité et les méthodes étaient au centre de ce scrutin en forme de référendum.

A la Chambre  23 auraient suffi à faire basculer la majorité qui échappait depuis huit ans aux démocrates. C'est seulement la troisième fois en vingt ans qu'un parti gagne plus de 24 sièges à la Chambre. La progression enregistrée mardi par le camp démocrate est en outre sans précédent depuis 2010. Deux ans après l'élection de Barack Obama, les républicains avait alors conquis 64 sièges.

Les Américains étaient appelés mardi à renouveler la totalité de la Chambre des représentants et à attribuer 35 des 100 sièges sénatoriaux. Ils devaient en outre élire 36 des 50 gouverneurs d’Etats.

Au Sénat, les républicains ont repris quatre sièges aux démocrates: Bill Nelson a été battu en Floride, Joe Donnelly dans l'Indiana, Heidi Heitkamp dans le Dakota du Nord et Claire McCaskill dans le Missouri. Elue en Floride Donna Shalala, membre du cabinet de Bill Clinton pendant sa présidence, fait partie des grands vainqueurs du scrutin côté démocrate, mais de grandes stars du parti ne sont pas parvenues à s'imposer. C'est le cas de Beto O'Rourke, battu par le sénateur sortant Ted Cruz au Texas ou d'Andrew Gillum, qui espérait devenir le premier gouverneur noir de la Floride.

Les démocrates doivent une bonne part de leurs succès du jour à la mobilisation des électrices, des jeunes et des hispaniques, selon un sondage Reuters-Ipsos. Cinquante-cinq pour cent des femmes disent avoir voté pour un candidat démocrate à la Chambre, contre 49% lors des élections législatives de mi-mandat de 2014.

Qu'est-ce qui va changer?

Cette victoire devrait lui permettre d'obtenir la divulgation des revenus de Donald Trump, d'enquêter sur d'éventuels conflits d'intérêt et d'accélérer les investigations sur les soupçons de collusion entre son équipe de campagne et la Russie menées par le procureur spécial Robert Mueller.

Les démocrates pourraient en outre le contraindre à renoncer à une partie de ses projets. Le mur qu'il a promis de construire à la frontière mexicaine pourrait ainsi être remis en question, tout comme la nouvelle réforme fiscale qu'il comptait mener à bien. La poursuite de sa politique isolationniste dans le domaine commercial pourrait également être remise en cause.

La cohabitation avec une chambre à majorité démocrate va par ailleurs le contraindre à trouver des compromis, ce qu'il n'a pas été enclin à faire depuis son arrivée à la Maison blanche.

La majorité simple suffit à la Chambre pour entamer une procédure de destitution, ce qui n'est pas exclu s'il s'avère que Donald Trump a fait obstacle à la justice ou qu'il y a bien eu collusion avec Moscou lors de la campagne pour la présidentielle de 2016, mais les deux tiers des voix sénatoriales sont nécessaires pour mettre effectivement fin au mandat présidentiel ."Un Congrès démocrate va œuvrer à des solutions qui nous rassemblent, car nous en avons tous assez des divisions", a déclaré Nancy Pelosi, la chef des Démocrates à la Chambre des représentants, en promettant de restaurer les "contrepouvoirs constitutionnels".

Forte affluence

Les Etats-Unis se retrouveront donc, en janvier 2019, avec un 116e Congrès divisé, dans une société marquée par un profond clivage autour de la personne du président.

La carte électorale sénatoriale jouait, cette année, en faveur des Républicains : le renouvellement par tiers concernait des Etats majoritairement conservateurs.

Le nombre de votants n'est pas centralisé par une autorité électorale unique aux Etats-Unis, mais au Texas, à New York ou dans le Maryland, électeurs et scrutateurs interrogés par l'AFP semblaient surpris par l'affluence. Ces élections ont par ailleurs donné lieu à de nombreuses premières du point de vue des élus.

Page sur les élections aux USA dans notre journal de la mi-journée

Scènes de danse dans quelques QG démocrates

On y voit notamment Nancy Pelosi, en Californie, une troupe de danseuses soutenant la candidate Stavey Abrams à Atlanta, en Georgie, ainsi qu'une danse sur "Happy", de Justin Timberlake, à Charlestown, en Virginie Occidentale (pour le sénateur Joe Manchin).

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK