Michel Barnier ne voit pas la nécessité de passer plus de temps à renégocier l'accord sur le Brexit

Michel Barnier défend le traité de retrait du Royaume-Uni de l'Europe tel qu'il l'a négocié.
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Michel Barnier défend le traité de retrait du Royaume-Uni de l'Europe tel qu'il l'a négocié. - © RTBF

De passage à Vienne pour rencontrer le chancelier autrichien Sebastian Kurz, Michel Barnier estime que les Britanniques doivent prendre "une décision" plutôt que de réclamer un éventuel report de la date du Brexit. Il invite donc les parlementaires britanniques à prendre enfin leurs responsabilités, rappelant qu'il n'était pas question pour l'UE de modifier le "backstop" sur la frontière irlandaise ou de rouvrir l'accord de retrait déjà conclu.

Il redit son credo par rapport au Brexit : "Nous avons fini le travail (...) un travail considérable que nous avons fait avec les Britanniques, pas contre les Britanniques", en brandissant l'épais volume de l'accord que Westminster rechigne à avaliser jusqu'à présent. "Si le Royaume-Uni veut sortir d'une manière ordonnée de l'Union européenne, c'est grâce à ce traité, pas grâce à un autre traité. Je ne ressens pas le besoin de passer beaucoup de temps de plus".

Un délai oui, mais pour trouver une solution

Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit a souligné qu'un éventuel report de la date de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne devrait servir à trouver une issue au Parlement de Westminster, non à repousser simplement le problème : "Nous sommes à moment grave dans cette négociation. Il nous reste très peu de temps. C'est donc le moment pour le Royaume-Uni, pour ses parlementaires, pour son gouvernement d'assumer leur choix de quitter l'Union européenne."

Tout comme Michel Barnier, l'Autriche non plus n'est pas opposée à une prolongation du délai avant le Brexit. Mais il faut que cette prolongation soit utile, elle ne soit pas servir à reporter le problème mais à le résoudre, a redit le négociateur européen.

On ne changera pas le backstop

Michel Barnier ne cache pas que la marge de négociation est faible : "Nous travaillons sur des clarifications et des garanties sur le 'backstop' concernant l'Irlande, sur des 'alternative arrangements' dont tout le monde sait qu'ils ne sont pas précis et opérationnels aujourd'hui (...) et sur la déclaration politique (...) qui décrit le cadre d'un nouveau partenariat avec le Royaume-Uni après le Brexit".

"Nous voulons trouver une solution (...) qui soit soutenue par une majorité claire à la Chambre des Communes. Nous n'allons pas changer le 'backstop' et nous n'allons par rouvrir l'accord de retrait. Il s'agit de la paix en Irlande et du marché intérieur et de son intégrité (...) Ce n'est pas du dogmatisme, c'est la protection des consommateurs et des entreprises".

Un délai "technique" envisageable jusqu'aux élections de fin mai

La question de la durée du délai supplémentaire à accorder aux Britanniques ne se pose pas encore, a encore expliqué Michel Barnier.

Mais si les Britanniques sont encore membres de l'Union européenne à la date des élections européennes, juridiquement, la Grande-Bretagne aura l'obligation d'organiser ce scrutin, a rappelé Michel Barnier.

Pratiquement, une extension "technique" pourra durer jusqu'à la veille des élections européennes de la fin mai, a-t-il précisé, car accorder plus de temps conduirait à poser la question du vote des Britanniques à ces élections.

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