Michel Barnier: "Les prochaines étapes vers le Brexit seront très difficiles"

Les prochaines étapes de la négociation entre Européens et Britanniques sur le Brexit - la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) - seront "très difficiles", a estimé ce vendredi le négociateur en chef de l'Union européenne, Michel Barnier.

"Tout le monde n'a pas encore compris que certains points ne seront pas négociables", a déclaré le Français, faisant notamment référence à l'intégrité du marché unique européen et à ses quatre libertés (libre circulation des biens, des capitaux, des personnes et des services).

"Les Britanniques, qui ont élaboré ces règles avec nous, les connaissent très bien", a-t-il assuré.

Interrogé sur la future relation commerciale que pourraient entretenir Européens et Britanniques, Michel Barnier a estimé qu'un accord de libre-échange sur le modèle de celui conclu entre l'UE et le Canada (CETA) serait la seule solution possible si les "lignes rouges" posées par la Première ministre britannique, Theresa May, ne changent pas.

Concernant l'accord conclu vendredi pour boucler la première phase de négociations avec Londres, le négociateur européen a souligné qu'il ne s'agissait pas encore d'un texte final et qu'il conviendrait de le "consolider". Il a exprimé son souhait de disposer d'un traité de retrait pour octobre 2018, afin de donner le temps au Parlement européen, et aux parlements nationaux concernés, de ratifier le texte.

L'accord préserve les droits des citoyens des deux côtés de la Manche

"Ce rapport conjoint préserve les droits des citoyens sans aucune discrimination basée sur la nationalité. Les citoyens pourront continuer à travailler et à étudier des deux côtés de la Manche", a déclaré Michel Barnier.

Les membres d'une même famille conserveront également leur droit à rejoindre leurs proches s'ils ne vivent pas au Royaume-Uni et inversement. Les habitants conserveront par ailleurs leur droit à la santé, à la retraite et aux autres prestations sociales.

Ces principes seront "précisés et consolidés" dans le traité de retrait qui devrait être achevé pour octobre 2018. Ce texte sera introduit dans le droit britannique. Les juges au Royaume-Uni devront tenir compte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE) à son propos. Ils auront par ailleurs la possibilité de poser des questions préjudicielles à cette même Cour pendant huit ans à dater du retrait effectif du pays de l'UE.

Une autorité indépendante sera aussi créée au Royaume-Uni pour superviser la bonne application de l'accord de retrait, tandis que la Commission européenne veillera à protéger les citoyens britanniques dans l'UE.

 

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