Michael Schumacher hospitalisé à Paris : pour quel résultat ?

Presque six ans après l'accident de ski qui l'a plongé dans le coma, avant de le réduire à l'état végétatif, Michael Schumacher vient d'être pris en charge à l'hôpital européen Georges-Pompidou à Paris. "Un traitement dans le plus grand secret", révèle une partie de la presse française. Et donc, discrétion oblige, aucune autre précision de la part de l'entourage de l'ancien pilote âgé de 50 ans. Mais son transfert dans une unité, à la pointe de la thérapie cellulaire, peut laisser penser que les soins prodigués à Michael Schumacher vont sensiblement évoluer.

Le 29 décembre 2013 à Méribel, dans les Alpes françaises, "Schumi" se blesse à la tête dans un accident de ski. Casqué, le champion automobile chute à faible allure, la tête la première, à cause d'un rocher. Quasiment aucune information n'a filtré depuis les faits concernant son état de santé, mais la plupart des neurologues réputés évoquent un enfoncement de la boîte crânienne, qui a causé une destruction partielle du cerveau.

Nous avons rencontré, à l'hôpital Erasme, le chef du service de neurologie. Olivier De Witte confirme d'abord les observations les plus pessimistes : "Michael Schumacher a subi une destruction cellulaire d'une partie du cerveau. Un œdème cérébral, c'est-à-dire un gonflement du cerveau, a provoqué cette destruction." Cela veut-il dire que tout espoir est perdu ? "Quand on parle du cerveau, il n'y a pas de régénération possible. A l'heure où nous parlons, en tout cas."  Pourtant, des solutions d'avenir semblent se profiler. La restauration des fonctions cérébrales fait l'objet de multiples attentions dans le monde médical. Comment ? Grâce aux 350 études qui, partout dans le monde, se consacrent aux cellules souches. 

Injection de cellules souches

"A Paris, dans l'hôpital où Michael Schumacher a été transféré, on utilise les cellules souches pour traiter les insuffisances cardiaques", nous détaille Olivier De Witte. "On s'est rendu compte que ces cellules amenaient une meilleure fonctionnalité du cœur."  On pourrait donc penser que cette thérapie peut aussi s'appliquer à d'autres organes vitaux. "Effectivement, ces cellules souches, injectées partout dans le corps, vont peut-être accélérer la naissance de vaisseaux au niveau du cerveau. Des cellules qui pourront peut-être se multiplier." Avec quels résultats ? "On pourrait espérer un réveil plus rapide du patient." Pour schématiser, on dira que ces fameuses cellules, si elles se multiplient et se reconnectent, sont susceptibles de "reformer" le cerveau. Une reconnexion essentielle pour le retour de la vigilance, voire de la motricité d'un patient.

Deux éléments viennent cependant assombrir l'espoir de toute récupération prometteuse. D'abord l'état de la recherche dans le domaine cérébral : on n'en est encore qu'aux prémisses. Autre donnée essentielle (qui n'est pas rencontrée dans le cas Schumacher) : la mise en place des cellules souches très tôt après la survenue d'un traumatisme. "Dans les études qui sont faites en ce moment", poursuit le neurologue, "on essaie précisément d'administrer ce traitement le plus rapidement possible après la traumatisme. En ce qui concerne Michael Schumacher, il interviendrait presque six années après l'accident. C'est très tard évidemment, sans doute trop tard. Mais rien n'interdit d'essayer ce traitement." 

Des améliorations sont-elles susceptibles d'apparaître ? "Encore une fois, il n 'y a pas d'autres possibilités actuellement. Ce que les médecins vont chercher à accélérer, c'est la prise de contact", précise Olivier De Witte. "Dans les états végétatifs, des patients peuvent réagir à différents stimulis, sans pour autant interagir avec le monde extérieur. Donc, dans ce cas-ci, on va chercher à établir ce lien. Rappelons juste qu'administrer ce type de traitement, c'est progresser en terrain inconnu, mais ça vaut la peine de le tenter."

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