Mexique: manifestations et hommages deux mois après l'assassinat du journaliste Valdez

Hommage de confrères et amis du journaliste mexicain assassiné Javier Valdez, le 15 juillet 2017 à Mexico
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Hommage de confrères et amis du journaliste mexicain assassiné Javier Valdez, le 15 juillet 2017 à Mexico - © Bernardo Montoya

Environ deux cent collègues et proches du journaliste mexicain assassiné Javier Valdez lui ont rendu hommage samedi à Mexico, pendant que dans son état natal de Sinaloa s'organisaient des manifestations contre l'impunité après son meurtre deux mois plus tôt.

Pendant la cérémonie, organisée par l'ONG Reporters Sans Frontières dans la capitale mexicaine, ses proches ont dit ne pas avoir encore "digéré" la tragédie. Ils ont également confié la peur qui les tenaille chaque jour depuis que Javier Valdez, un reporter spécialisé dans le crime organisé et le narcotrafic, et pigiste de l'AFP, a été abattu en plein jour dans les rues de Culiacan (nord-ouest).

L'assassinat de Javier Valdez "a causé une énorme émotion. J'ai senti que nous étions tous extrêmement vulnérables", a déclaré Guillermo Osorno, journaliste et directeur du site Horizontal.

Les autorités n'ont toujours pas dévoilé les avancées de l'enquête. Un groupe de journalistes a pourtant demandé de pouvoir consulter la version publique de l'enquête, demande refusée par le parquet.

"Je veux voir des noms", a demandé la journaliste Anabel Hernandez pendant l'hommage rendu, dans une salle bondée de la capitale.

Déjà six reporters assassinés depuis le début de l'année

Dans l'état de Sinaloa (nord ouest), l'indignation était de mise ce samedi devant le manque de résultats de l'enquête. Les membres de l'association de journalistes "7 juin" ont manifesté, avec des banderoles où l'ont pouvait lire "Justice", devant les bureaux du procureur de Culiacan, bloquant l'accès aux bâtiments.

Depuis le début de l'année, six reporters mexicains et un hondurien ont été assassinés.

Plus de cent journalistes ont été tués au Mexique depuis 2000, selon les associations de défense de la liberté d'expression. Elles affirment que les autorités, à tout niveau de responsabilité, seraient responsables de 60% des agressions subies par les journalistes.

Le pays est considéré comme étant l'un des plus dangereux au monde pour les journalistes.

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