Mexique: dispersion d'un convoi de 2000 clandestins qui demandait l'aide du président

Des policiers mexicains dispersent un groupe de migrants originaires d'Amérique centrale à Tapachula, dans le sud du pays, le 12 octobre 2019
2 images
Des policiers mexicains dispersent un groupe de migrants originaires d'Amérique centrale à Tapachula, dans le sud du pays, le 12 octobre 2019 - © Daniel ZACARIAS

Les autorités mexicaines ont dispersé samedi un convoi d'environ 2.000 migrants illégaux qui avaient pris la route à pied depuis le sud du Mexique, vers Mexico, pour demander au président qu'il les aide à sortir de l'impasse légale dans laquelle ils se trouvent.

Des agents de la garde nationale et des policiers fédéraux sé sont positionnés près de la localité de Huixtla (sud) afin de contenir le passage des migrants - originaires du Honduras, du Salvador, de Cuba, d'Haïti et de pays africains - a rapporté Irineo Mújica, de l'ONG Peuples sans frontières. "La caravane a été démantelée", a-t-il déclaré.

Le convoi, parti à l'aube de Tapachula (sud), une ville frontalière avec le Guatemala, n'a parcouru qu'une vingtaine de kilomètres. Les migrants comptaient, après avoir atteint Mexico, poursuivre leur route vers Tijuana (nord), à la frontière avec les Etats-Unis.

Le militant Luis García Villagrán, qui faisait partie du convoi, a expliqué qu'ils ne renonçaient pas à nouer le dialogue avec le président mexicain Andres Manuel López Obrador, pour lui demander des solutions pour les milliers de personnes bloquées depuis des mois à la frontière sud.

Plusieurs clandestins ont expliqué être entrés au Mexique il y a plusieurs mois et attendre toujours un permis de libre circulation dans le pays délivré par l'Institut national des migrations (INM).

Il s'agissait du premier convoi de clandestins qui voulait traverser le Mexique depuis que le gouvernement, sous pression de Washington, a déployé en juin 21.000 hommes aux frontières du pays pour freiner l'immigration illégale en direction des Etats-Unis.

Entre janvier et août, l'entrée de migrants illégaux dans ce pays depuis le Mexique a ainsi été réduite de près de 60%.

En 2018, des milliers de migrants, essentiellement des Honduriens, Salvadoriens, Guatémaltèques fuyant la misère et la violence des gangs dans leur pays, avaient formé de spectaculaires "caravanes" marchant à pied sur plusieurs milliers de kilomètres à travers l'Amérique centrale et le Mexique dans l'espoir de gagner les Etat-Unis.

Images à Tapachula, et interview d'un militant des Droits de l'Homme présent sur place (APTN)

Traduction de Salva Lacruz, du centre des Droits de l'Homme Fray Matias de Cordova à Tapachula (Mexique)
"(se référant aux autorités mexicaines) les ont laissés marcher 12 heures, plus de 12,5 miles, du centre de Tapachula aux environs de Huixtla. Ils fatiguent les migrants, il y avait des femmes enceintes, des personnes âgées, plusieurs enfants, des mères portant des bébés, ils sont fatigués. Ils (se référant aux autorités mexicaines) jouent pour les épuiser et savent qu'ils les ont détenus. "Certaines personnes se sont dispersées, mettant leur vie en danger, ce qui s'est passé ici était une authentique chasse à l'homme.""

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK