Meurtre de Samuel Paty : le Conseil français du culte musulman veut "encadrer" l'utilisation des caricatures

Des hommages et des rassemblements en mémoire au professeur d'histoire-géographie ont eu lieu dans les grandes villes de France
Des hommages et des rassemblements en mémoire au professeur d'histoire-géographie ont eu lieu dans les grandes villes de France - © PASCAL GUYOT - AFP

Le principal interlocuteur des pouvoirs publics français sur l’islam, Mohammed Moussaoui, a réaffirmé mardi son soutien à la liberté d’expression mais appelé à encadrer l’utilisation des caricatures du prophète Mohammed, notamment dans les écoles ou si elles sont projetées sur des bâtiments publics.

"Les initiatives visant à diffuser les dites caricatures dans les établissements de l’enseignement pour promouvoir la liberté d’expression doivent être encadrées", a déclaré le Conseil français du culte musulman (CFCM), dont Mohamed Moussaoui est président, dans un communiqué.

Interrogé sur la radio France Info sur l’utilisation de ces caricatures controversées dans le monde musulman comme support pédagogique, il a répondu : "Je ne pense pas que ce soit la bonne solution pour expliquer aux enfants la liberté d’expression. Je ne le souhaite pas. Il y a d’autres moyens de le faire".

Se défendant de toute volonté d’interdire, il a ensuite précisé sur la radio RMC qu’il y a, "une manière de faire et un encadrement qui existe mais de tenir compte aussi du contexte dans lequel ce droit s’exerce".

Des caricatures pour la liberté d’expression

Emmanuel Macron a promis mercredi dernier, dans le cadre de l’hommage national à l’enseignant décapité Samuel Paty, que la France continuerait de défendre la publication de ces caricatures au nom de la liberté d’expression.


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Des hommages et des rassemblements en mémoire au professeur d’histoire-géographie ont eu lieu ailleurs en France, notamment à Toulouse (sud-ouest) et Montpellier (sud) où des caricatures de Charlie Hebdo vilipendant les religions ont été projetées sur les façades de bâtiments officiels.

Mohamed Moussaoui a dit comprendre "le sentiment de provocation" que ces projections suscitent chez certains musulmans. "La volonté délibérée d’offenser les sentiments n’a pas lieu d’être", a-t-il ajouté. La veille, il avait estimé que les musulmans n’étaient "pas persécutés" en France tandis que manifestations et appels au boycott se multipliaient au Moyen-Orient après les propos d’Emmanuel Macron sur les caricatures.

Le président turc Erdogan a appelé lundi au boycott des produits français, prenant la tête de la colère grandissante dans le monde musulman contre Emmanuel Macron. Au Bangladesh, plus de 40.000 manifestants "anti-Macron" ont défilé mardi matin à Dacca, selon la police.

Archive de l’hommage à Samuel Paty dans notre JT du 20/10/220 :

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