Meurtre de Mina Mangal: les féminicides se multiplient en Afghanistan

Mina Mangal est la quatrième journaliste assassinée en Afghanistan depuis le début de l'année 2019.
Mina Mangal est la quatrième journaliste assassinée en Afghanistan depuis le début de l'année 2019. - © Tous droits réservés

Sa mort remonte à ce samedi onze mai: devant son domicile, en plein jour, Mina Mangal, ex-journaliste et féministe, a été abattue froidement de 9 balles par deux individus à moto. Le drame fait grand bruit dans le pays, qui connaît déjà son troisième meurtre de journaliste en 2019, et son quatrième féminicide notoire de ces dernières années. 

Mina Mangal était une figure de proue du féminisme en Afghanistan. Victime de violences conjugales, elle a divorcé de son mari il y a deux ans, et n'hésitait pas à mener publiquement son combat pour les droit des femmes. Une semaine avant sa mort, Mina Mangal avait publié un texte sur Facebook, expliquant qu'elle se sentait menacée, mais qu'une femme forte n'avait pas peur de la mort, et qu'elle aimait son pays. 

Son meurtre a suscité de nombreuses indignations, notamment d'associations féministes locales qui déplorent la multiplication de féminicides dans le pays. « Pourquoi est-ce si facile [aux hommes] dans cette société de continuer à tuer les femmes qui leurs déplaisent ? », s'est ainsi indignée Wazhma Frogh, une avocate spécialisée dans le défense des droits des femmes.   

La députée Shagufa Noorzai a, elle, additionné les féminicides récents qui ont eu lieu en Afghanistan: « Farkhunda a été brûlée vive, Baby Mahsa a été kidnappée, violée et tuée, Bibi Ayesha a eu son nez coupé, des femmes sont lapidées et aujourd'hui Mina Mangal a été atteinte de neuf coups de feu ».

Deuxième pays le plus dangereux pour les femmes

D'après le classement de la fondation Thomson Reuters, l'Afghanistan est le deuxième pays au monde où il est le plus dangereux d'être une femme. Les Afghanes y sont victimes tant du conflit qui a lieu dans leur pays, que des violences domestiques. Malheureusement, la situation ne semble pas être prête de s'améliorer: les Talibans, très conservateurs, sont sur le point de conclure un accord politique qui devrait leur permettre de revenir au pouvoir dans les pays.

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