Angela Merkel s'en prend aux vacances et aux retraites des pays d'Europe du Sud

Angela Merkel à Freiburg, dans le sud de l'Allemagne, le 10 décembre 2010
Angela Merkel à Freiburg, dans le sud de l'Allemagne, le 10 décembre 2010 - © Frederick Florin

La chancelière Angela Merkel a fustigé les vacances et systèmes de retraite des pays d'Europe du Sud, qu'elle juge bien trop généreux, dans des propos qui faisaient couler beaucoup d'encre en Allemagne mercredi.

"Il faudrait que dans des pays comme la Grèce, l'Espagne, le Portugal on ne parte pas à la retraite plus tôt qu'en Allemagne, que tous fassent un peu les mêmes efforts, c'est important", a déclaré Angela Merkel mardi soir au cours d'une manifestation de son parti conservateur, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), dans la petite ville de Meschede, dans l'ouest du pays.

"Nous ne pouvons pas avoir une monnaie commune et certains avoir beaucoup de vacances et d'autres très peu, à la longue cela ne va pas", a-t-elle ajouté, selon des propos rapportés par l'agence de presse allemande dpa.

Un porte-parole du gouvernement les a indirectement confirmés dans un point de presse régulier mercredi, où ils ont fait l'objet de plusieurs questions. "Rien que le fait que nous en parlons ici vous montre que ces déclarations étaient à prendre au sérieux", a déclaré ce porte-parole, Christoph Steegmans.

Il a rappelé qu'une harmonisation de l'âge de la retraite était l'une des pistes de réforme mentionnées dans le "pacte pour l'euro", sur lequel les dirigeants européens se sont mis d'accord fin mars et qui doit contribuer à renforcer la compétitivité de certains pays pour remédier aux déséquilibres en zone euro.

Il n'en reste pas moins que les propos d'Angela Merkel, dont le Spiegel relevait mercredi qu'ils allaient vraisemblablement "susciter la colère" dans les pays visés, contrastent avec le ton mesuré adopté d'ordinaire par la chancelière.

Ils ont immédiatement été critiqués par l'opposition. Le chef de file des écologistes au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit, a déclaré au Spiegel Online : "Quand on parle de convergence sociale et économique, il faut laisser les clichés et les préjugés au vestiaire".

Le patron du Parti social-démocrate (SPD), Sigmar Gabriel, a lui accusé Angela Merkel "d'attiser le sentiment anti-européen."

L'Allemagne s'était fait prier l'an dernier pour accorder une première aide à Athènes, face à une opinion publique réticente à soutenir les maillons faibles de la zone euro. Finalement Berlin a approuvé le soutien à la Grèce, puis à l'Irlande et tout récemment au Portugal.


AFP
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