Merkel persiste: il n'y a "pas de possibilités de changer" l'accord de retrait

La chancelière a assuré être confiante dans le fait qu'une solution avec la Première ministre puisse encore être trouvée
La chancelière a assuré être confiante dans le fait qu'une solution avec la Première ministre puisse encore être trouvée - © Ralf Hirschberger - BELGAIMAGE

Angela Merkel a jugé mardi après une rencontre avec son homologue britannique à Berlin qu'il n'y avait "pas de possibilités" de changer l'accord sur le Brexit, ont indiqué des sources proches de la chancelière à l'AFP.

La dirigeant allemande a tenu ces propos lors d'une réunion avec des députés de sa famille politique, qui s'est tenue dans la foulée de son entrevue avec Theresa May, venue en Allemagne pour tenter d'obtenir des concessions sur les conditions du retrait de son pays de l'UE, ont souligné des participants à cette réunion.

Néanmoins la chancelière a assuré être confiante dans le fait qu'une solution avec la Première ministre puisse encore être trouvée, notamment parce qu'une majorité de députés britanniques ne veulent pas de sortie de leur pays de l'UE sans accord, selon des participants cités par l'agence allemande DPA.

Theresa May cherche à obtenir des assurances de ses partenaires européens sur la solution trouvée pour l'Irlande afin que le Royaume-Uni ne soit pas maintenu de façon permanente dans l'Union douanière avec l'UE, ce qui l'empêche de conclure des accords commerciaux, selon ce qu'a exposé Angela Merkel. En ce qui concerne l'accord politique, Theresa May va devoir exposer ses vues lors du sommet européen de Bruxelles jeudi et vendredi, selon la même source. La chancelière a ajouté que cela ne pouvait pas se faire au niveau bilatéral mais avec tous les Etats membres de l'UE.

Le Première ministre britannique "veut des assurances juridiques supplémentaires" qui soient "contraignantes" afin que le Royaume-Uni "ne soit pas pris au piège de façon permanente dans le filet de sécurité irlandais" (backstop), a expliqué mardi le secrétaire d'Etat britannique pour le Brexit Martin Callanan. Les partisans du Brexit dénoncent ce backstop car il impose le maintien du Royaume-Uni dans l'union douanière avec l'UE et l'empêche de conclure des accords commerciaux.

Une volonté de trouver une solution unanime

Le blocage britannique n'a pas surpris les 27. Ils s'attendaient à ce que Theresa May ait des difficultés à trouver une majorité et qu'elle demande de nouvelles concessions lors du sommet pour tenter de faire approuver l'accord d'ici le 21 janvier. Cela agace ses partenaires. "C'est du théâtre. Elle veut montrer qu'elle s'est battue", a confié à l'AFP un responsable européen. "Le Royaume-Uni a toujours été incapable de formuler une position de négociation à cause de toutes les promesses, pour la plupart irréalistes, faites avant le référendum", a expliqué un négociateur.

La réunion mardi en début de soirée à la Commission européenne à laquelle doit assister le négociateur du Brexit Michel Barnier devrait permettre d'élaborer un projet de déclaration dont le caractère contraignant reste à déterminer, a appris l'AFP de source européenne. "Theresa May veut montrer qu'elle a obtenu quelque chose" au cours du sommet spécial Brexit convoqué par Donald Tusk en ouverture du sommet de fin d'année consacré à l'immigration, au budget pluriannuel de l'UE et à la réforme de la zone euro.

"On mettra un peu de pommade mais on changera pas le traité", a ironisé l'eurodéputé belge Philippe Lamberts après une réunion avec Michel Barnier. "Mais je ne pense pas qu'il y aura assez de liant pour satisfaire les 'hard brexiters'", a estimé le co-président des Verts au Parlement européen. "Si marge il y a, il y a une marge pour apporter quelques précisions, quelques questions d'interprétation", a expliqué Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen à Strasbourg.

Mais "l'Irlande ne sera pas laissée de côté", a-t-il assuré en réponse aux inquiétudes exprimées par les dirigeants de ce pays.

Les 27 vont préciser que "le backstop n'est qu'une assurance et qu'il ne sera pas utilisé", a expliqué une source impliquée dans les négociations. Rien de nouveau, assure cette source. "C'est juste une question de présentation", note-t-elle. Le "backstop" a toujours été présenté comme une solution de dernier recours en cas d'absence d'accord entre Londres et Bruxelles lors des négociations qui s'ouvriront après le départ de Londres, le 29 mars 2019.

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