Menacée d'extradition, l'indépendantiste catalane Clara Ponsati est libérée après avoir été entendue par la justice britannique

Clara Ponsati se rend au commissariat à Édimbourg
Clara Ponsati se rend au commissariat à Édimbourg - © NEIL HANNA - AFP

L'indépendantiste catalane Clara Ponsati, installée en Ecosse et recherchée par la justice espagnole pour son implication dans l'organisation du référendum d'indépendance en 2017, a été entendue jeudi par la justice britannique et libérée sous caution.

Cette professeur d'économie de 62 ans s'était rendue vers 11H10 (locales et GMT) à un commissariat de police d'Edimbourg, devant lequel s'était réuni un petit groupe de manifestants munis de drapeaux indépendantistes catalans et écossais et jouant l'hymne catalan à la cornemuse.

Arrêtée, elle a été présentée à un juge avant de ressortir souriante de l'audience.

"Clara a été libérée sous caution", a annoncé son avocat, Aamer Anwar, expliquant qu'une audience préliminaire sur l'extradition aurait lieu le 12 décembre, avant une audience sur le fond au printemps 2020.

"Clara soutient qu'elle ne devrait pas être extradée pour un simulacre de procès devant la Cour suprême où elle croit que le seul verdict possible serait la culpabilité", a déclaré l'avocat.

Clara Ponsati, ancienne ministre de l'Education du gouvernement catalan, est aujourd'hui professeure d'économie à l'université écossaise de St Andrews. Elle est accusée de "sédition" par l'Espagne après avoir pris part à la déclaration unilatérale d'indépendance de la Catalogne.

Une infraction qualifiée d'"archaïque" par son avocat. "Malheureusement pour l'Espagne, en Ecosse comme dans la plupart des démocraties, le crime de sédition n'existe plus".

Dans un communiqué, Mme Ponsati explique "récuser totalement" l'accusation pour laquelle elle risque en Espagne jusqu'à 15 ans de prison.

"Ce mandat d'arrêt est un nouvel exemple de vengeance sous couvert de justice", a dénoncé M. Anwar dans ce même communiqué. "Nous avons l'intention de plaider le fait que rien ne lui garantit un procès équitable en Espagne, alors que la plupart des (ex-)membres du gouvernement catalan sont soit emprisonnés soit en exil".

Carles Puigdemont: extradition demandée

Mi-octobre, la Cour suprême espagnole avait condamné neuf dirigeants indépendantistes à des peines allant de 9 à 13 ans de prison, dont l'ancienne présidente du parlement régional Carme Forcadell, pour tentative de sécession.

Peu après, l'Espagne avait alors émis trois mandats d'arrêts européens, contre Mme Ponsati et deux autres dirigeants qui se sont réfugiés en Belgique. Toni Comín et Lluís Puig ont depuis été relâchés, le temps de l'examen de leur dossier.

L'Espagne demande aussi à la Belgique l'extradition de l'ancien président catalan Carles Puigdemont, dont le sort doit être examiné lors d'une audience le 16 décembre.

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