Mayotte: malgré l'accord conclu mardi, les manifestants continuent leurs blocages routiers

Protestations sur la place de la République à Mamoudzou, ce 13 mars
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Protestations sur la place de la République à Mamoudzou, ce 13 mars - © AFP

Un accord a été conclu mardi avec le gouvernement français, en vue de mettre un terme au mouvement social qui secoue le territoire. Mais les barrages routiers qui paralysent depuis quatre semaines Mayotte, département français de l'Océan Indien, sont maintenus mercredi. Il s'agit d'attendre l'avis de la population s'exprime sur leur levée

Au bout de cinq heures de négociations avec la ministre française des Outre-mer Annick Girardin, l'un des porte-parole du mouvement social, Fatihou Ibrahime, avait salué mardi "des avancées réelles". "Le plan de lutte contre l'insécurité est acté", s'était-il réjoui à la sortie des négociations à Dzaoudzi, la préfecture.

"Nous avons demandé 15 mesures d'urgence supplémentaires, la ministre s'est engagée à remettre plus d'Etat sur le territoire", avait-il ajouté. Il avait indiqué que les Mahorais seraient rassemblés mercredi sur la place de la République du chef-lieu Mamoudzou "pour voir avec eux s'ils voient favorablement la levée des barrages", au moins pendant un mois. Il n'y avait toutefois personne sur la place mercredi dans la matinée, a constaté une journaliste de l'AFP, et les barrages étaient à ce stade tous maintenus.

Sur celui de Koungou, les manifestants ont assuré qu'ils continueraient à bloquer. "On va rester là jusqu'à ce que l'État comprenne", a dit Sais Saindu, 36 ans, fonctionnaire. "Rien n'a été signé, ce ne sont que des paroles en l'air". Parmi les 15 mesures d'urgence obtenues, qui s'ajoutent à une première série annoncée par la ministre lundi, la lutte contre les attestations d'hébergement et de paternité de complaisance, la mise en place de navires supplémentaire contre l'immigration clandestine, la reconnaissance des associations luttant contre l'insécurité, la lutte contre l'habitat clandestin et le démantèlement des bandes sources d'insécurité.

"Je souhaite le retour au calme dans le territoire le plus vite possible puisque nous avons devant nous un court mois de travail", a dit de son côté Mme Girardin, sortie en pleine nuit de ces pourparlers. "Nous espérons que l'Etat n'est pas en train de nous mener en bateau", a souligné M. Ibrahime. "C'est un travail qui est fait sur la base de la confiance, nous allons juger pendant un mois", a-t-il dit, estimant qu'"il faut qu'on se donne le temps de restaurer la confiance".

Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, justifie sa promesse d'amener des policiers supplémentaires sur l'île:

Importante immigration comorienne

Avant ces négociations, plusieurs milliers de personnes avaient manifesté à Mamoudzou mardi contre l'insécurité et l'immigration clandestine en provenance des Comores, à 70 km de là, mais aussi pour réclamer davantage d'actions de l'Etat. Entre 200 à 300 manifestants avaient dans le même temps investi le conseil départemental pour dénoncer la "trahison" de certains élus qui avaient accepté la veille de discuter avec la ministre. Lundi, la ministre avait annoncé une série de mesures en matière de sécurité et de lutte contre l'immigration irrégulière, dont des effectifs de gendarmes supplémentaires et une augmentation des crédits du fonds interministériel de prévention de la délinquance.

Elle a aussi ouvert le chantier, qui fait débat, d'un possible statut d'extraterritorialité pour l'hôpital, dont la maternité est la première de France avec chaque année quelque 10.000 naissances d'enfants, pour beaucoup de mères venues des Comores voisines. L'objectif est d'enrayer la multiplication de naissances d'enfants de mères comoriennes en situation irrégulière, ce qui est perçu comme un abus du droit du sol. "En 2015, plus d'un adulte sur deux vivant à Mayotte n'y est pas né", et les natifs des Comores "représentent 42% de la population du département", selon l'institut de statistiques Insee.

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