Mauvais score républicain en Pennsylvanie: les démocrates croient à une "vague bleue" anti-Trump en novembre

Soirée électorale de Conor Lamb le 14 mars 2018 à Canonsburg, en Pennsylvanie
Soirée électorale de Conor Lamb le 14 mars 2018 à Canonsburg, en Pennsylvanie - © Drew Angerer

Les républicains américains ont pris acte mercredi du très mauvais score de leur candidat lors d'une législative partielle dans l'un de leur fief en Pennsylvanie, un scrutin qui conforte les démocrates dans leur objectif de reconquérir le Congrès en novembre.

Le résultat, trop serré, n'a pas encore été proclamé officiellement dans la 18e circonscription de Pennsylvanie, une région industrielle qui avait plébiscité Donald Trump en 2016. Mais le démocrate trentenaire Conor Lamb a revendiqué la victoire, fort d'une avance de 0,27 point sur le républicain Rick Saccone, soit 627 voix sur plus de 228.000. Un score si serré qu'un nouveau comptage pourrait être demandé.

De multiples facteurs locaux et nationaux ont pesé sur l'élection, où la participation a été relativement élevée.

Le candidat républicain, le dirigeant américain et les instances démocrates nationales en avaient fait un référendum sur Donald Trump, dont la présidence continue d'être secouée par de nombreuses évictions et démissions, mais qui avait aussi pris des décisions économiques destinées à aider les industries métallurgiques en déclin qui ont autrefois fait la richesse de ce coin de la "Ceinture de la rouille", au sud de Pittsburgh.

"A l'approche des élections de mi-mandat, la dynamique en faveur des candidats démocrates est indéniable", a proclamé le président du parti démocrate, Tom Perez. "Rien n'arrêtera les démocrates. La Pennsylvanie n'est que le début".

Le 6 novembre, les 435 sièges de la Chambre des représentants seront renouvelés pour deux ans, et 35 des 100 sièges du Sénat pour six ans. Les deux chambres du Congrès sont aujourd'hui aux mains des républicains. Le parti du président craint une déroute de l'ampleur de celle qu'a connue Barack Obama en 2010.

"Notre majorité est en danger", a prévenu un cacique républicain du Congrès, Tom Cole, mercredi. "Les républicains doivent se préparer".

"Signal d'alarme"

Les démocrates veulent croire que l'instabilité permanente à la Maison Blanche, et la personnalité même du président, ont fait fuir ses électeurs. Dans les derniers jours, des proches collaborateurs de Donald Trump ont démissionné ou ont été évincés, sans compter le chef de la diplomatie Rex Tillerson, limogé mardi.

Mais les démocrates ne peuvent pas directement reproduire à l'échelle du pays la recette appliquée localement en Pennsylvanie.

Contrairement à la plupart de ses collègues, qui n'ont pas de mots assez durs contre le milliardaire, Conor Lamb s'est gardé de tout commentaire désobligeant.

Le président "est populaire par ici", a-t-il redit mercredi sur CNN. "Mais quand on fait campagne dans la vie réelle, ces divisions s'estompent. Je connais des gens qui ont voté pour le président et pour moi".

Il est lui-même un démocrate "conservateur": opposé à un renforcement des lois sur les armes, personnellement opposé à l'avortement, et favorable aux droits de douanes sur l'acier et l'aluminium annoncés par Donald Trump.

Il était à l'image des habitants de sa circonscription, dont beaucoup sont issus de la classe ouvrière: allié aux syndicats locaux, attaché aux combats économiques et sociaux historiques du camp démocrate, sur la santé, l'emploi et les salaires... mais non aligné sur l'orthodoxie culturelle démocrate. Il a refusé de prêter allégeance à la cheffe de la minorité de la Chambre Nancy Pelosi, élue ultra-progressiste de San Francisco honnie des républicains.

Les chefs républicains et la Maison Blanche ironisaient d'ailleurs mercredi sur ce "conservateur" aux habits de démocrate.

"Le démocrate avait épousé les politiques et la vision du président, alors qu'il gardait ses distances avec la cheffe démocrate Nancy Pelosi", a assuré un porte-parole de la Maison Blanche, Raj Sha.

Mais en réunion de groupe mercredi à huis clos au Capitole, Paul Ryan, président républicain de la Chambre, a averti ses troupes que le résultat de mardi devait être un "signal d'alarme", selon une personne présente dans la salle.

Toute fin du discours du candidat démocrate Conor Lamb

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