Mauritanie: un Guantanamito pour les candidats migrants

Nouadhibou est un port de pêche en Mauritanie. Le poisson y est la principale richesse. Mais la mer ne rapporte plus assez. Alors les pêcheurs se sont reconvertis dans limmigration. Des pirogues chargées de migrants partent chaque semaine de Mauritanie vers les îles espagnoles des Canaries.  A tel point que, à Nouadhibou, toute une économie tourne autour du business de l'immigration.

Une ancienne école de la ville sert depuis 2006 de centre de rétention pour les étrangers soupçonnés d'avoir tenté d'émigrer irrégulièrement. Ce centre a été baptisé "Guantanamito" par les habitants. Ces étrangers seront ensuite expulsés vers le Sénégal ou le Mali. Guantanamito est surpeuplée et lhygiène y est précaire. L'Espagne, avec l'aide du Croissant-Rouge mauritanien et de la Croix-Rouge espagnole, prend en charge les frais de fonctionnement du centre.

En 2008, Amnesty International a dénoncé les conditions de détention à Nouadhibou, les arrestations abusives et brutales, les expulsions collectives et l'absence de recours juridique. Cette politique "fait suite aux pressions intenses exercées par l'UE et notamment l'Espagne", selon lorganisation.  A cet égard, Amnesty se dit "extrêmement préoccupée" par le "processus d'externalisation" de la politique européenne de gestion des flux migratoires qui a transformé, selon elle, certains pays africains en "gendarmes de l'Europe". Amnesty rappelle que la Mauritanie a signé en 2003 un accord avec l'Espagne qui l'oblige à réadmettre sur son territoire ses citoyens, mais également les ressortissants de pays tiers qui ont transité par ce pays.

(A.L. avec N. Hénin et Belga)

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