Matteo Renzi: "La tradition européenne, la meilleure partie de l'Italie"

Le nouveau chef du gouvernement italien Matteo Renzi prononce un discours devant le Sénat le 24 février 2014 à Rome
Le nouveau chef du gouvernement italien Matteo Renzi prononce un discours devant le Sénat le 24 février 2014 à Rome - © Andreas Solaro

Le nouveau chef du gouvernement italien Matteo Renzi a affirmé lundi que l'Europe représentait "la meilleure partie" de l'Italie, en présentant devant le Sénat le programme de son gouvernement.

"La tradition européenne et européiste représente la meilleure partie de l'Italie ainsi que sa certitude d'avoir un avenir", a-t-il dit, alors que l'Italie assurera à partir du 1er juillet la présidence tournante semestrielle de l'Union européenne.

Matteo Renzi, 39 ans, a débuté son discours devant la Chambre haute du Parlement par un vibrant plaidoyer en faveur de l'UE qui n'est pas "une marâtre" pour l'Italie.

"Ce ne sont pas Angela Merkel et Mario Draghi qui nous demandent de tenir nos comptes publics en ordre", a-t-il poursuivi en évoquant la gigantesque dette de la péninsule, plus de 130% du PIB, pourtant troisième économie de la zone euro.

"Nous devons le faire par respect pour nos enfants, pour ceux qui viendront après nous", a-t-il lancé devant les sénateurs, alors que le pays sort timidement de la récession après deux années dans le rouge.

Son discours devait être suivi d'un débat qui devait s'achever, tard dans la soirée, par le vote de confiance du Sénat.

Réduction de la pression fiscale

La relance économique a occupé une place importante de son discours au cours duquel il a annoncé sa volonté de voir son gouvernement représenter "un tournant" pour le pays.

"Notre premier engagement est de rembourser toutes les dettes de l'administration publique" envers les entreprises privées, un montant de plusieurs dizaines de milliards d'euros, grâce à la Caisse de dépôt italienne (CDP), a-t-il dit.

"Nous avons besoin d'un changement radical de politiques économiques et de mesures concrètes", a ajouté Matteo Renzi.

Sans entrer dans le détail, il a promis "une réduction à deux chiffres" de la pression fiscale "avec des mesures sérieuses, irréversibles" et assurant "des résultats immédiats dès 2014".

Faire disparaître le Sénat

Le discours de Matteo Renzi a été ponctué par des applaudissements des membres de son Parti démocrate (PD) mais il a été aussi parfois brièvement hué par l'opposition.

Son intervention, en grande partie improvisée, devant le Sénat était une sorte de défi à la chambre haute du Parlement car il a demandé aux sénateurs d'entamer la discussion sur l'élimination de cette chambre sous sa forme actuelle. "J'espère être le dernier Premier ministre à réclamer la confiance du Sénat", a-t-il même lancé.

Le Sénat a exactement le même poids que la Chambre des députés dans le système institutionnel italien ce qui conduit à de nombreux blocages. Les principaux partis politiques sont d'accords pour transformer la chambre haute en une assemblée des régions pour laisser aux députés l'essentiel de l'activité législative.


AFP

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