Massacre de Houla: 92 morts dont 32 enfants d'après la mission de l'ONU

"Les observateurs militaires et civils qui se sont rendus ce matin à Houla ont compté plus de 32 enfants et plus de 60 adultes tués", a déclaré le général Robert Mood, le chef des observateurs de l'ONU en Syrie. Le général norvégien a fait savoir que la mission d'observation qu'il représente "condamne dans les termes les plus forts la tragédie brutale". Il a part ailleurs mis en garde contre un risque de guerre civile.

Les rebelles se désengagent du plan Annan

Un risque de guerre civile d'autant plus concret que l'Armée syrienne libre (ASL), essentiellement composée de déserteurs, a estimé samedi n'être plus tenue par son engagement au plan de l'émissaire international Kofi Annan, à moins que l'ONU n'offre immédiatement une solution pour mettre fin aux violences du régime.

"Nous annonçons qu'à moins que le Conseil de sécurité de l'ONU ne prenne des décisions d'urgence pour protéger les civils, le plan Annan ira en enfer", a affirmé l'ASL dans un communiqué. Le président Bachar al-Assad "profite du plan Annan pour continuer à commettre des massacres", accuse le texte. Cette annonce survient quelques heures après un massacre ayant fait à Houla, dans la province de Homs (centre), plus de 92 morts dont plus de 32 enfants, selon les observateurs de l'ONU.

Les meurtres à Houla et ailleurs ont lieu "sous les yeux des observateurs de l'ONU", poursuit le communiqué, appelant la communauté internationale à "annoncer l'échec du plan Annan". L'ASL avait auparavant appelé les "pays amis" à mener des "raids aériens" contre les forces du président Bachar al-Assad, après le "crime" de Houla. L'ASL s'était engagée à respecter un cessez-le-feu prévu par le plan Annan, techniquement entré en vigueur le 12 avril mais constamment ignoré depuis.

La Syrie est en proie depuis plus de 14 mois à une révolte populaire hostile au régime du président Bachar al-Assad qui s'est militarisée face à la répression sanglante menée par les troupes régulières.

Ban Ki-Moon et Kofi Annan condamnent un "crime révoltant et terrible"

Ce massacre constitue une violation "révoltante et terrible" du droit international, ont estimé samedi Ban Ki-moon et l'émissaire international Kofi Annan.

Le secrétaire général des Nations unies et M. Annan "condamnent dans les termes les plus forts la mort, confirmée par les observateurs de l'ONU, de dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants" à Houla, a indiqué Martin Nesirky, porte-parole de Ban Ki-moon.

"Ce crime révoltant et terrible, dans lequel la force a été utilisée de manière aveugle et disproportionnée, est une violation flagrante du droit international et des engagements pris par le gouvernement syrien de cesser son recours aux armes lourdes dans les villes et la violence quelle qu'elle soit", estiment encore MM. Ban et Annan.

"Les auteurs de ces crimes doivent être jugés", ajoutent-ils.

MM. Ban et Annan ont souligné que les observateurs "ont vu les cadavres et, après examen, ont déterminé que des obus ont été tirés contre des zones résidentielles".

Des villages bombardés de midi jusqu'à l'aube

"Des bruits d'explosions et de tirs étaient entendus au moment de la visite des observateurs", a déclaré le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Selon l'OSDH, les bombardements ont débuté vendredi midi à la périphérie de Houla, en particulier sur les villages de Taldo au sud et Tibé à l'ouest, et ils se sont poursuivis jusqu'à samedi à l'aube.

Samedi, de nombreux habitants de Tibé et Taldo fuyaient vers le centre de Houla par crainte de nouveaux bombardements, tandis que des vidéos amateur mises en ligne sur YouTube montraient des images de cadavres d'enfants gisant par terre.

Julien Vlassenbroek avec agences

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