Massacre de Beslan en 2004: la Russie condamnée pour de "graves défaillances"

La prise d'otages dans l'école de Beslan en 2004 a laissé de profondes traces en Russie
La prise d'otages dans l'école de Beslan en 2004 a laissé de profondes traces en Russie - © KAZBEK BASAYEV - AFP

La Russie a fait preuves de "graves défaillances" dans le traitement de la prise d'otages de Beslan en 2004 - plus de 300 morts -, a jugé mercredi la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) en condamnant Moscou à verser 3 millions d'euros aux requérants.

Les autorités ont échoué à prévenir cette prise d'otages dans une école d'Ossétie du Nord par un commando de rebelles tchétchènes, ont fait preuve de "graves défaillances" dans "la préparation et le contrôle de l'opération de sécurité", et ont fait un usage disproportionné de la force lors de l'assaut, a jugé la CEDH.

Pas de mesures préventives et des armes puissantes lors de l'intervention

"Les autorités disposaient de suffisamment d'informations précises indiquant qu'une attaque terroriste visant un établissement d'enseignement était prévue dans la région", explique la Cour. "Pourtant, elles n'ont pas pris de mesures suffisantes pour empêcher les terroristes de se rencontrer et de préparer l'attaque, ni pour les empêcher de se déplacer le jour de l'attaque. La sécurité n'a pas été renforcée à l'école, et ni son personnel ni le public n'ont été avertis de la menace".

Quant au déroulement de l'assaut lui même, il y a eu dans sa préparation "de graves défaillances s'analysant en une autre violation de l'article 2 (sur le droit à la vie)".

Les forces de sécurité ont en outre "utilisé sur l'école des armes puissantes telles qu'un canon d'assaut, des lance-grenades et des lance-flammes, faisant ainsi des victimes supplémentaires parmi les otages", selon la CEDH.

La Cour avait été saisie par 409 citoyens russes, certains ayant été pris en otage et/ou blessés, d'autres faisant partie de familles de victimes.

Une décision inadmissible pour le Kremlin

Le Kremlin a pour sa part dénoncé comme "inadmissible" cette décision. "Nous ne pouvons pas être d'accord avec une telle formulation. (...) Pour un pays qui a été attaqué, ces formulations sont absolument inadmissibles", a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

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