La braderie de Lille est annulée pour risque terroriste, annonce Martine Aubry

La maire de Lille, Martine Aubry, a annulé la braderie de Lille qui devait se dérouler les 3 et 4 septembre prochains pour raisons de sécurité et risque terroriste, annoncent vendredi plusieurs médias français. Ce grand événement populaire, le plus important du genre, draine chaque année des centaines de milliers de visiteurs dans la ville nordiste.

"C'est une décision douloureuse. Ce n'est pas un problème de responsabilité pénale, mais un problème de responsabilité morale. Je crois pouvoir dire qu'on a vraiment tout fait, mais il y a des risques que nous n'arrivons pas à réduire", a indiqué Martine Aubry au journal La Voix du Nord.

"Si un enfant meurt, je m'en voudrai toute ma vie, je ne peux prendre un risque (...) Faire la braderie de Lille avec des tireurs, des CRS à tous les coins de rue et des drones ne correspondrait pas à l'esprit."

"Modèle hyper-urbain"

Le préfet du Nord, Michel Lalande, a pour sa part pointé une configuration qui ne permet pas d'écarter les risques : "À un moment, nonobstant nos passions, nos convictions, il faut dire stop à un modèle qui est dépassé par les exigences de sécurité", a-t-il déclaré, cité par Le Parisien.

"La décision de suspendre est prise non pas parce que la braderie est victime de son histoire, mais en raison de son modèle hyper-urbain avec ses rues pleines de monde."

"La sécurisation dans un contexte terroriste est impossible à tenirOn ne renonce pas face au terrorisme. La passion est nécessaire, mais la raison est encore plus indispensable, a-t-il encore tenu à préciser. Je préfère affronter la colère de ceux qui perdent une référence, peut-être de l'argent qu'affronter la colère de ceux qui perdraient un enfant."

Le risque d'un camion chargé d'explosifs

Entre un et deux millions de visiteurs étaient attendus cette année. L'an dernier, la braderie avait attiré 2,5 millions de personnes, rappelle le quotidien Libération.

"Le volume de marchandises et la foule seraient impossible à contrôler", a encore expliqué la maire de Lille, n'hésitant pas à évoquer le risque d'un camion chargé d'explosifs ou d'armes. "Les commerçants auront tout de même le droit de brader, mais à l’intérieur de leurs locaux (...) Je vais leur proposer de choisir une journée où ils pourront le faire."

Martine Aubry précise pourtant que la fête foraine sera elle bel et bien "maintenue", avec, toutefois, des mesures de sécurité "exceptionnelles".

Quant à la braderie, elle reviendra en 2017. "Ce n'est pas terminé", assure la maire. "Nous allons travailler sur la sécurité et pour renouveler l'esprit de la Braderie. Un groupe de réflexion sera créé, en mairie et avec des Lillois."

Plus grand marché aux puces d'Europe

La braderie de Lille, dont l'origine remonte à 1127, est une vaste brocante, braderie et événement populaire organisé le premier week-end de septembre. Outre des visiteurs nordistes et français, elle attire des milliers de visiteurs belges, néerlandais, allemands ou encore britanniques. Plus de 10 000 exposants se déploient généralement dans les rues et ruelles du centre de Lille, qui devient le plus grand marché aux puces d'Europe.

La dernière fois que la braderie avait été totalement supprimée, c'était durant la Seconde Guerre mondiale. En 1995, alors que le Groupe Islamique Armé (GIA) faisait régner la terreur en France durant l'été, il avait été question un temps d'annuler la braderie.

L'édition 2015, organisée quelques mois après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher à Paris, avait été maintenue malgré le renforcement des mesures de sécurité.

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