Marine Le Pen "veut le pouvoir, elle a une stratégie"

"Marine Le Pen, ce n'est pas son père, ce serait une erreur fondamentale", a déclaré Jean-François Kahn dans Questions Publiques. Si elle tient, comme lui, un discours sur l'immigration, la sécurité, un discours d'extrême-droite "classique, même plus dur parfois", "il y a tout un discours, un aspect comme les fascistes des années 20', un aspect anti-capitaliste, anti-bourgeois, anti-riche, révolutionnaire sociale".

José-Alain Fralon va même plus loin: "La différence entre Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen, c'est que je ne sais pas si Jean-Marie Le Pen voulait vraiment le pouvoir. Elle, elle le veut, elle a une stratégie, elle le dit vous m'avez pour 30 ans - 40 ans et sa stratégie passe obligatoirement pas la défaite de Sarkozy". "Elle va tout faire pour faire éclater l'UMP et en prendre une partie".

Sarkozy otage de Marine Le Pen

Avec ces élections, "Marine Le Pen est devenue une des personnalités centrales de la France tout court", analyse le fondateur de "Marianne". "Toute la stratégie de Sarkozy au premier tour était de dire : 'Attention Hollande est l'otage de l'extrême-gauche et de Mélenchon et la vérité c'est que ce n'est pas vrai. En revanche, désormais, la droite républicaine est complètement otage de l'extrême-droite et de Marine Le Pen".

Une véritable percée de l'extrême-droite

Pour l'ancien correspondant du "Monde" à Bruxelles, "la droite française est une droite atypique en Europe à cause ou grâce au général de Gaulle". C'est "une droite gaulliste avec une légère tendance démocrate-chrétienne, une tendance très à droite et un ancien socle gaulliste".

Il fait aussi remarquer qu'avec les 2% obtenus par Nicolas Dupont-Aignan ("quelqu'un de pas connu et pas loin du Front National"), le vote des Français pour l'extrême-droite est encore plus important.

"Qu'est-ce que cela va donner aux législatives ?", s'interroge Jean-François Kahn. "Une grande fraction va accepter une fédération avec le Front National".

"Beaucoup de gens de l'UMP vont dire que si on ne s'allie pas au Front National, leur bifsteack s'en va", explique José-Alain Fralon.

Dans tous les cas, "c'est catastrophique", annoncent les deux hommes.

 

C. Biourge

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