Marine Le Pen se lance dans la campagne avec une taxe sur les importations

Marine Le Pen a lancé sa campagne dimanche à Lyon au cours d’un meeting devant 4 000 à 5 000 personnes. La candidate du Front national a égrené ses propositions.

Sans surprise Marine Le Pen n’a pas vraiment innové sur son programme. Elle a axé son discours sur quatre thèmes principaux : sécurité, lutte contre le terrorisme, Europe et mondialisation. Un mot clé rassemble tout ça: la souveraineté.

Taxe de 3% sur les importations

"Nos enfants auront-ils le même mode de vie que nous et que nos parents avant nous ?" a-t-elle lancé face à ses supporters. Elle a bien sûr promis de traquer les lieux de prédication djihadiste, d’envoyer les délinquants étrangers en prison dans leur pays d’origine, de renégocier des traités européens, et à défaut, un référendum sur la question, et enfin la mise en place d’une taxe sur les importations, 3% dont les produits iraient aux salaires les plus faibles.

En revanche, Marine Le Pen a bien pris soin de ne pas mentionner ou de ne pas s’attarder sur les points qui divisent à l’intérieur de son parti, la peine de mort, la sortie de la monnaie européenne ou encore à l’interruption volontaire de grossesse. Elle a en revanche insisté sur les déboires de ses concurrents, et notamment François Fillon, soupçonné d’avoir détourné des fonds publics. Face à la droite du fric et à la gauche du fric, a lancé Marine Le Pen, je suis moi la candidate du peuple.

Mise en cause dans plusieurs affaires

Et pourtant, Marine Le Pen et le FN sont aussi mis en cause dans plusieurs affaires. Tout d'abord, dans une affaire d’emploi fictif au Parlement européen. La députée européenne est en effet soupçonnée d’avoir rémunéré son assistante personnelle et son garde du corps sur des fonds publics européens en les embauchant comme assistants parlementaires.

L’office européen anticorruption soupçonne deux emplois fictifs et a demandé à Marine Le Pen de rembourser 300 000 euros, ce qu’elle a pour l’instant refusé.

En France également, le Front national est soupçonné d’avoir surfacturé du matériel de campagne pour se le faire rembourser ensuite sur les fonds publics alloués à chaque candidat. Plusieurs proches de Marine Le Pen ont été mis en examen, mais pas la présidente du FN elle-même.

Troisièmement, Marine Le Pen est soupçonnée d’avoir sous-évalué son patrimoine dans la déclaration obligatoire qui est faite chaque année par les élus français. Ce qui est très curieux, c’est que malgré ces éléments, auprès de son électorat, elle ne semble pas vraiment dévissée dans les sondages, comme si ça ne l’atteignait pas.

Prudence sur les sondages

Il faut rester prudent sur les sondages parce qu’il y a eu plusieurs jurisprudences ces derniers mois, notamment François Fillon qu’on n’a pas vu venir, ni Benoît Hamon d’ailleurs. Mais ces sondages la placent tous en tête depuis des mois, environ à 25%, quand son premier poursuivant, Emmanuel Macron, serait à 20% et François Fillon, le candidat de la droite, serait à 18%.

Mais ce ne sont que des sondages et ils ne sont, par définition, pas prédictifs et encore moins quand ils concernent le Front national, on sait qu’il y a beaucoup de mal à sonder ses électeurs. Ce qui est plus intéressant, en revanche, c’est de se plonger dans le détail de ses intentions de vote, et notamment d’examiner le degré de certitude du vote.

Là on voit que la candidature de Marine Le Pen est bien ancrée parmi les électeurs qui disent vouloir voter Front national, 8 sur 10 se disent sûrs de leur choix à la date où nous sommes. Lorsque l'on pose la même question aux électeurs de François Fillon, ils sont seulement 6 sur 10 à être sûrs ; quant à Emmanuel Macron, ils sont un peu plus seulement de 4 sur 10, autant dire que le socle de Marine Le Pen est solide.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK