Marianne Dony, professeur de droit de l'UE (ULB): "Trump, un saut dans l'inconnu le plus absolu"

Marianne Dony, professeur de droit de l’UE (ULB) : "Trump, un saut dans l’inconnu le plus absolu"
Marianne Dony, professeur de droit de l’UE (ULB) : "Trump, un saut dans l’inconnu le plus absolu" - © Tous droits réservés

Professeur à la chaire Jean Monnet de droit de l’Union européenne à l’ULB, Marianne Dony est ce samedi 21 janvier l’invitée du Grand Oral RTBF-Le Soir sur La Première. Au lendemain de l’investiture de Donald Trump en tant que 45ème président des Etats-Unis, elle déclare : "C’est quelque chose de totalement inédit, on fait un saut dans l’inconnu le plus absolu "

Un seul homme peut-il faire entrer le monde dans une autre époque ? Pour Marianne Dony, c’est notamment dû au fait que Donald Trump n’a pas de contrepouvoir réel aux Etats-Unis puisque les républicains dirigent également le Congrès américain : "Même s’il y a des dissensions ou des discussions au sein du parti républicain, il n’y aura pas un certain équilibre des pouvoirs. Et par ailleurs, il sera en mesure de contrôler la cour suprême des Etats-Unis. C’est un ensemble qui fait qu’il a en mains la capacité de modifier profondément le visage des Etats-Unis et les relations des Etats-Unis avec le monde".

"On quitte un partisan du multilatéralisme pour quelqu’un qui nous projette presqu’un siècle en arrière puisqu’il prône le retour à l’isolationnisme ", explique Marianne Dony.

Et l’Europe ?

L’arrivée de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis augure un changement de cap radical dans les relations avec l’Union européenne. Il s’est dit indifférent au projet d’intégration européenne, a des positions protectionnistes et trouve l’OTAN obsolète. Marianne Dony commente : " L’Union européenne manque quand même d’un véritable projet qui lui soit propre, unificateur par lui-même. C’est un peu inquiétant de voir l’Union européenne n’exister que parce qu’elle est menacée par les autres ! "

" La seule valeur ajoutée de l’Europe dans le monde du chacun pour soi, c’est d’être une zone dans laquelle on sort de ce raisonnement. Pour le moment, elle n’est pas à la hauteur de l’ambition ", regrette Marianne Dony.

Hollande président du conseil ?

Le président français François Hollande n’est pas candidat à la reconduction de son mandat. Mais pourrait-il prendre la tête du conseil européen ? Marianne Dony réagit : "Je ne suis pas du tout convaincue qu’après deux ans et demi il faille changer de présidence du conseil européen. Ça va à l’encontre de la logique de permanence même si Donald Tusk n’est pas le président idéal. D’abord, il ne maitrise pas les questions économiques et financières. Ensuite, pendant trop longtemps, il s’est comporté en Polonais mais ceci diminue. Il est petit à petit en train de s’améliorer".

"On ne va pas perpétuellement mettre à la présidence de l’Union européenne des loosers de leur politique nationale. C’est à ça que ça fait penser. Ce n’est pas à cela que doit servir l’Union européenne", conclut Marianne Dony.

L’interview de Marianne Dony a été réalisée par Philippe Regnier, journaliste au service international du journal Le Soir, Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information à la RTBF, et Jacques Crémers, chef de rédaction de La Première/RTBF.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK