Margaret Thatcher, une dame de fer inflexible et cassante

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Des archives déclassifiées portant sur les six premiers mois de la "dame de fer" aux commandes du Royaume-Uni, laissent apparaître un personnage cinglant et particulièrement intraitable. Certaines réflexions à connotation raciste jettent le trouble.

Margaret Thatcher n'a jamais été un modèle de diplomatie et de souplesse. Celle qui fut jusqu'ici la seule femme Premier ministre du Royaume Uni, de 1979 à 1990, est aujourd'hui âgée de 82 ans. Les premières archives de son long "rêgne" de onze années viennent d'être déclassifiées. Elles révèlent un personnage encore plus déterminé et cassant que l'image déjà très autoritaire qu'elle avait dans l'opinion.

Ainsi, la "dame de fer" n'hésitait pas à rabrouer ses ministres, parfois de manière humiliante en public, et à annoter leurs documents avec des mentions peu flatteuses pour leurs auteurs. "Ce document est trop nul", écrivait-elle par exemple en marge d'un rapport que lui présentait Geoffrey Howe, son ministre des Finances.

D'autres archives montrent que son caractère acariâtre pouvait, à l'occasion, l'amener à tenir des propos à caractère raciste. Elle expliquait ainsi, comme le relève le Guardian, son refus de donner asile en Grande Bretagne à 10 000 boat people vietnamiens, par le fait qu'ils prendraient la place de "citoyens blancs" dans des logements sociaux et provoqueraient des émeutes. "Tous les citoyens qui ont envoyé un courrier disant soutenir les boat-people devraient en héberger un chez eux", disait-elle sans ménagement. Elle se montrait beaucoup plus accueillante, par contre, pour les réfugiés blancs rhodésiens, polonais, ou hongrois "qui pourraient plus facilement s'assimiler à la population". Le Guardian parle à son propos d'un "degré de racisme personnel choquant".

Sur le plan diplomatique, elle s'avère avoir été bien plus cassante que ne le laissaient entrevoir les comptes-rendus de l'époque. Elle avait en particulier pour l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing une antipathie qui confinait au mépris. "Elle le considérait comme un être froid, élitiste, hautain", explique ainsi au Monde son ancien porte-parole, Bernard Ingham. Il faut dire que celui-ci ne la ménageait pas non plus, la traitant notamment d'"épicière". Elle appréciait bien davantage son successeur, François Mitterrand, peut-être parce que ce grand séducteur lui avait attribué "la bouche de Marilyn et le regard de Caligula"...

L'ouverture progressive des archives des années ultérieures, au cours desquelles Margaret Thatcher eut à faire face, entre autres faits marquants, à la longue grève des mineurs, à la grève de la faim de membres de l'IRA emprisonnés, ou encore à l'invasion des îles Malouines par l'armée argentine, devrait révéler d'autres facettes de son caractère et sans doute d'autres propos ou commentaires acerbes.

Thomas Nagant

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