Manifestations au Chili : qu'est-il arrivé à Daniela, Albertina et Carolina ?

Manifestations au Chili: qu'est-il arrivé à Daniela, Albertina et Carolina?
Manifestations au Chili: qu'est-il arrivé à Daniela, Albertina et Carolina? - © Tous droits réservés

Les manifestations au Chili, et leur répression par les forces de l’ordre, ont-elles coûté la vie à Daniela Carrasco, Albertina Martinez et Carolina Muñoz Manguello ? Les deux premières ont en tout cas été retrouvées mortes pendant ces semaines de soulèvement populaire et la troisième a disparu lors d’une manifestation. Une vidéo très largement diffusée sur les réseaux sociaux montre, selon son auteur, Carolina Muñoz Manguello en train d’être embarquée très violemment par la police chilienne alors qu’elle bloque le passage d’un de ses véhicules. Depuis, sa famille serait sans nouvelles d’elle.

Morts suspectes

Daniela Carrasco et Albertina Martinez ont, elles, bien été retrouvées. Mortes. La première, une artiste de rue surnommée "La Mimo", aurait été retrouvée pendue à une grille. Beaucoup de rumeurs circulent autour de ce décès, certains affirmant qu’elle aurait été torturée à mort ou violée. Un collectif d’avocates féministes chiliennes (Abofem) s’est emparé de l’affaire et a communiqué, la semaine passé à ce sujet, vu l’ampleur qu’a pris le décès de Daniela Carrasco, en pleine crise sociale et institutionnelle.

L’Abofem dénonce un emballement de la toile et de certains médias, très pesant pour la famille de la jeune femme. "Nous souhaitons rappeler que l’enquête visant à clarifier les circonstances de la mort de Daniela est toujours en cours et que les dossiers traités jusqu’ici indiquent qu’elle avait laissé une lettre expliquant les raisons d’un éventuel suicide et qu’aucun signe ou preuve évidente de torture ou d’agression sexuelle n’ont été retrouvés." L’association explique également que la famille de Daniela Carrasco ne vend pas de souvenirs à son effigie et ne réclame pas d’argent aux internautes…

L’autre femme retrouvée sans vie dans des conditions suspectes n’est autre que Albertina Martinez Burgos, une photo-journaliste chilienne, qui a couvert au moins une manifestation, le 14 novembre dernier, ce qu’elle présentait comme une première. Elle avait publié certaines de ses photos sur son profil Facebook. Sa dernière publication date du 19 novembre. Son corps a été retrouvé le 21 novembre dans son appartement, où plusieurs taches de sang ont été découvertes selon le journal argentin La Nacion. On ignore à ce stade les causes de la mort de la jeune femme de 38 ans. Une autopsie est réalisée par un service médico-légal. Selon le collectif féministe "Niunamenos", son ordinateur, son appareil photo et des objets de valeur auraient également disparu de son domicile.

Violences dans les deux camps

Le recours à une force parfois démesurée était déjà pointé du doigt le mois dernier par l’ONG Human Rights Watch. Son directeur de la division Amériques, José Miguel Vivanco, déclarait d’ailleurs le mois dernier que les "images montrant des violences policières au Chili sont profondément préoccupantes. Le président Piñera devrait indiquer clairement aux forces de sécurité chiliennes qu’elles doivent respecter les droits des citoyens, et s’assurer que les individus impliqués dans des violations fassent l’objet d’enquêtes impartiales dans de brefs délais."

HRW encourage également les autorités chiliennes à enquêter sur les manifestants qui ont commis des crimes graves et des actes de violence graves. "Certains manifestants ont agi avec une grande violence, saccageant des stations de métro et incendiant un bâtiment d’une entreprise productrice d’électricité ainsi que les bureaux du journal El Mercurio à Valparaiso", précise l’ONG.

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