Mali: Tombouctou, "la cité des 333 saints", patrimoine mondial de l'Unesco

Un homme passe avec deux ânes devant la mosquée en argile de Tombouctou
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Un homme passe avec deux ânes devant la mosquée en argile de Tombouctou - © Hilary Duffy (Aurora)

Située à la lisière du Sahara, à un millier de kilomètres au nord de Bamako, la ville malienne de Tombouctou, investie par des groupes jihadistes, fut un grand centre intellectuel de l'islam.

Surnommée "la cité des 333 saints" ou plus banalement "la perle du désert", cette ville inscrite au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1988 a été un haut-lieu du tourisme mais était déjà très affectée par la présence dans le nord malien d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Elle était, pour cette raison, classée dans la zone à risques où il est fortement déconseillé de se rendre par la plupart des chancelleries occidentales.

Capitale africaine de la culture islamique

Perdue au milieu des dunes, Tombouctou ne compte aujourd'hui qu'environ 30.000 habitants, mais était aux XVe et XVIe siècles une cité florissante, accueillant jusqu'à 25.000 étudiants dans 180 écoles coraniques. Elle a été classée "capitale africaine de la culture islamique" en 2005 par l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture.

En 1630, l'érudit Abderahman Saadi, auteur de "Tarikh es-Soudan" qui sert de référence pour l'histoire de l'Afrique occidentale, décrivait sa ville ainsi: "exquise, pure, délicieuse, illustre, cité bénie, plantureuse et animée."

Parmi les monuments qui témoignent de cet âge d'or figurent trois grandes mosquées, restaurées par l'imam Al-Aquib au XVIe siècle mais aujourd'hui menacées par l'avancée des sables, selon l'Unesco.

La plus ancienne et la principale est celle de Djingareyber, construite en 1325 par l'empereur du Mali, Kankan Moussa, au retour d'un pèlerinage à La Mecque. Viennent ensuite celles de Sankoré, que fit bâtir une riche croyante durant la période mandingue, et de Sidi Yahia, édifiée vers 1400 par un marabout dans l'attente d'un saint homme apparu effectivement 40 ans plus tard en la personne de Cherif Sidi Yahia, choisi alors comme imam.

Un important centre d'échanges

Tombouctou était également un carrefour commercial important, un lieu d'échanges entre le désert, la savane et la forêt où se bousculaient banquiers et négociants. Les chargements de sel, d'épices, de soie ou de cuivre affluaient du Maghreb tandis que du sud arrivaient des pirogues de noix de cola, d'or, d'ivoire mais aussi d'esclaves.

La cité a été fondée entre le XIe et le XIIe siècle, selon les documents, par des tribus touareg.

Des portes richement ornées, des maisons aux frontons ouvragés et une architecture au style soudanais bien marqué témoignent encore de ce riche passé.

Tombouctou est également célèbre pour ses dizaines de milliers manuscrits, dont certains remontent au XIIe siècle et sont pour la plupart détenus comme des trésors par les grandes familles de la ville.

AFP

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