Mali: un soldat français tué vendredi dans des raids d'hélicoptères

Des troupes d'autres pays d'Afrique de l'Ouest se sont aussi engagées sur le front. D'autres renforts pourraient arriver. On assiste donc à la guerre de reconquête du Nord du Mali. C'est la raison pour laquelle le président malien de transition, Dioncounda Traoré, a décrété ce vendredi soir l’état d’urgence.
 
L'annonce a été faite à 20h, heure locale. Dioncounda Traoré s'est adressé aux Maliens sur les ondes de la télévision nationale pendant près de dix minutes. Grave et solennel, il a d'abord sonné la "mobilisation générale" en appelant toutes les Maliens à faire front commun en dépit des agendas particuliers, une allusion aux manifestations qui, cette semaine, avaient été organisées pour exiger son départ.
 
Surtout, le président malien de transition a annoncé l'instauration de l'état d'urgence. Il a précisé que la décision a été prise par le gouvernement. Il demande donc à chaque citoyen malien de se considérer désormais comme un soldat de la patrie et de se comporter comme tel. Les véhicules des services publics vont être réquisitionnés et les entreprises privées ainsi que les particuliers sont priés de mettre les moyens dont ils disposent au service de l'effort de guerre. 
 
À Bamako, l'annonce de la contre-offensive et l'annonce de la participation française sont plutôt bien accueillies. Les habitants sont à la fois inquiets de la tournure que vont prendre les évènements et soulagés de voir qu'enfin, après neuf mois d'occupation, le combat commence pour la libération du nord-Mali. 
 
A noter que le ministère belge des affaires étrangères déconseille formellement aux Belges de se rendre au Mali.

Un soldat français tué dans des raids héliportés

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé samedi qu'un officier français avait été mortellement blessé lors d'un raid par hélicoptère "contre une colonne terroriste" se dirigeant vers deux villes de la partie sud du Mali après la prise de Kona vendredi.

Ce raid mené "vers 16h00" et "en appui de l'armée malienne a permis la destruction de plusieurs unités terroristes" et a "stoppé leur progression", a affirmé Jean-Yves Le Drian, indiquant que "dans ce combat intense, l'un de nos pilotes (...) a été mortellement blessé".

"C'est une arme légère d'infanterie qui l'a blessé, ce n'est pas un canon. Il est arrivé blessé, et il a été évacué sur l'hôpital de Mopti", a-t-il ensuite ajouté.

Le président François Hollande a fait part dans un communiqué de "sa vive émotion" et adressé à sa famille et à ses proches "ses sincères condoléances".

Le ministre de la Défense a par ailleurs assuré que l'intervention française au Mali et l'opération commando de la DGSE (services de renseignements extérieurs) menée en Somalie, qui se serait soldée par la mort de l'otage français Denis Allex, étaient "totalement déconnectées".

La France est intervenue au Mali, à la demandes autorités de Bamako, à la suite d'une offensive islamiste vers le sud cette semaine.

Jean-Yves Le Drian a par ailleurs précisé que des unités françaises étaient déployées à Bamako, la capitale du Mali, depuis vendredi soir en particulier pour "assurer la sécurité de nos ressortissants". Quelques centaines de soldats français y sont engagés.

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