Mali: le MNLA et Ansar Dine s'engagent à cesser les hostilités et négocier

Les représentants d'Ansar Dine et de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont convenu de "s'abstenir de toute action susceptible d'engendrer des situations de confrontation et toute forme d'hostilité dans les zones qui sont sous leur contrôle, et tout mettre en œuvre pour y faire respecter cet engagement", selon une déclaration distribuée aux journalistes.

Dans cette déclaration, lue lors d'une conférence de presse organisée à l'issue d'une réunion sous l'égide de l'Algérie, les deux groupes se sont également engagés "à agir de manière à permettre la libération de toute personne se trouvant en état de captivité et/ou d'otage dans la zone affectée".

Interrogé sur les moyens que les deux groupes comptent mettre en œuvre pour hâter la libération des otages retenus au Mali, l'émissaire d'Ansar Dine a répondu: "Les otages ne sont pas en notre possession, seulement, nous pouvons aider à leur libération à travers les contacts et les relations qui existent entre les personnes".

Recherche d'une solution pacifique

Dix Européens, dont sept Français, et au moins trois otages algériens sont détenus dans cette région par d'autres groupes islamistes, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).

Le MNLA et Ansar Dine sont aussi convenus de "conjuguer et coordonner leurs positions et actions dans le cadre de toute démarche visant la recherche d'une situation pacifique et durable avec les autorités de transition maliennes, avec les garanties des parties concernées".

Ils veulent enfin "sécuriser les zones sous leur autorité, à travers la mise en place de forces de sécurité composées des éléments de leurs groupes respectifs", lit-on encore dans leur déclaration.

"Il appartient maintenant au pays médiateur (l'Algérie) de fixer un calendrier des négociations. C'est un processus qu'on vient d'engager, il faut qu'on aille vite", a déclaré Mohamed Ag Akharib qui a précisé que son groupe "refuse catégoriquement de renoncer à la charia".

Pour l'émissaire du MNLA, Bay Dikmane, ce partenariat constitue "une opportunité pour le Mali de se remettre sur les rails et de trouver une voie pour le dialogue".

Cette déclaration a été publiée au lendemain de l'adoption d'une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU autorisant sous conditions une intervention internationale au Mali, que le MNLA et Ansar Dine ont dénoncé.

"Nous dénonçons cette décision. Nous avons toujours dénoncé l'intervention militaire et nous avons dit que ce n'est pas la solution", a dit le représentant d'Ansar Dine, Mohamed Ag Akharib.

"Nous sommes très optimistes et nous demandons à l'Algérie et la communauté internationale de nous accompagner à la recherche d'une solution pacifique" à la crise au Mali, a-t-il ajouté.


AFP

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