Mali: la rébellion touareg proclame l'indépendance du Nord du pays

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), la rébellion touareg historique, non islamiste, a proclamé "l'indépendance de l'Azawad" - autrement dit le Nord du Mali. Elle a annoncé la fin de ses opérations militaires et le respect des frontières avec les pays contigus.

Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a affirmé par communiqué qu'il "condamnait fermement cette annonce, qui est nulle et sans aucune valeur", et qu'il "appelait toute la communauté internationale à soutenir pleinement cette position de principe de l'Afrique".L

L'Union européenne a également affirmé qu'elle refusait tout remise en cause de l'intégrité territoriale du Mali.

Chaos dans les villes aux mains des groupements islamistes

Pour le moment la rébellion touareg a perdu le contrôle d'une série de villes de la région, aujourd'hui aux mains des groupements islamistes, comme Tombouctou, Gao et Kidal.

Dans ces villes, la population est dans un chaos où se conjuguent désordre, pillage, problèmes sanitaires et alimentaires, et exactions des groupements islamistes notamment à l'égard d'une population touareg de mœurs et culture différentes.

La situation est grave pour l'ensemble du Mali

Amnesty international et d'autres ONG parlent d'une situation catastrophique mais aussi pour l'ensemble du Mali car c'est toute la population du pays, déjà vulnérabilisée depuis des années, qui subit aujourd'hui les effets d'un embargo général que lui infligent ses voisins suite à la prise de pouvoir, à Bamako, d'une junte militaire aujourd'hui totalement impuissante. Un comble, cette junte a elle-même invoqué une nécessaire intervention étrangère.

Une telle intervention se heurte à plusieurs difficultés: d'abord être militairement possible uniquement avec des forces africaines voisines, et sans doute un support logistique occidental, français et américain.

Et puis choisir sa cible principale, les islamistes, et donc faire quelques concessions à la rébellion touareg non islamiste, ce que le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, semble suggérer. Il estime entre mille et deux mille hommes les adversaires qu'il faudrait affronter. 

Et puis il faudrait rétablir des rapports avec la junte décrédibilisée au pouvoir à Bamako qu'on a vilipendée depuis une semaine. 

Bref, un vrai casse-tête diplomatique et militaire.

Marc Molitor et agences

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