Mali: au lendemain du coup d'Etat, l'UE suspend l'aide au développement

Mali: au lendemain du coup d'Etat, l'UE suspend l'aide au développement
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La Commission européenne a annoncé vendredi la suspension des opérations de développement, mais pas l'aide humanitaire, au Mali après le coup d'Etat annoncé par les militaires.

"A la suite du coup d'Etat, j'ai décidé de suspendre temporairement les opérations de développement de la Commission européenne dans le pays jusqu'à ce que la situation se clarifie. Cette décision ne concerne pas l'aide humanitaire", a indiqué le commissaire au Développement, Andris Piebalgs. 

Les personnalités de l'ancien régime "saines et sauves"

Les dirigeants du régime du président malien Amadou Toumani Touré, renversé par un coup d'Etat militaire, sont "sains et saufs" et seront "prochainement remis à la justice malienne", a affirmé vendredi à la presse le chef des putchistes, le capitaine Amadou Sanogo. "On ne touchera pas à un cheveu de quelqu'un. Je les remettrai à la justice pour que le peuple malien sache la vérité", a déclaré le capitaine Sanogo, qui n'a donné aucune précision. "Pour l'instant, je ne vous dirai pas" où se trouve le président Touré. "Il va très bien, il est en sécurité", a déclaré à la presse le capitaine Sanogo.

La rébellion touareg "continuera son offensive"

La rébellion touareg au Mali poursuivra "son offensive" dans le nord du pays, après le coup d'Etat à Bamako contre le président malien Amadou Toumani Touré, a annoncé sur son site internet le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) des rebelles touareg.

Le MNLA "continuera son offensive pour déloger l'armée malienne et son administration de toutes les villes de l'Azawad", région naturelle du Mali et berceau des Touareg, affirme le site, généralement utilisé par le mouvement.

Activité ralentie à Bamako

L'activité restait ralentie vendredi à Bamako au lendemain de l'annonce de la prise du pouvoir par des militaires qui ont renversé le président malien Amadou Toumani Touré, a constaté un journaliste de l'AFP.

Contrairement à l'habitude, la circulation restait très ralentie sur les grandes artères de la capitale où un couvre-feu, de 18h00 à 06h00 (locales et GMT) a été imposé par les putschistes depuis jeudi.

De nombreuses boutiques restaient fermées, de même que les administrations publiques et la plupart des banques. Dans la cour de l'Office de la radio-télévision du Mali (ORTM, public), transformé en quartier général officieux des mutins qui l'occupent depuis mercredi, toutes sortes d'objets récemment volés ou pillés étaient entassés: télévisions, ordinateurs, meubles.

La junte invite les militaires à réinstaurer un climat de paix

La junte a condamné "tous les actes de vandalisme constatés sur le terrain" et invité les militaires à œuvrer au retour d'un "climat de paix". Elle a invité les fonctionnaires à reprendre le travail mardi 27 mars au matin, ajoutant que "toute absence non justifiée sera considérée comme un abandon de service".

Le HCR surveille la situation

Des militaires du rang dirigés par le capitaine Amadou Sanogo ont annoncé jeudi avoir renversé le régime au pouvoir au Mali après plusieurs heures d'affrontements avec des soldats loyaux au président Touré.

De son côté, le Haut commissariat de l'ONU sur les réfugiés (HCR) surveille de près la situation: "Jusqu'à présent, nous n'avons pas constaté de mouvements importants de la population dans le pays, ou dans les pays frontaliers. Nous sommes en train de réévaluer notre dispositif pour la région, afin de pouvoir répondre" à de possibles arrivées de personnes dans les pays autour du Mali, a-t-il ajouté.

Avec agences

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