Mali: attaque contre un campement touristique, deux morts dont une Franco-Gabonaise

vue aérienne prise le 08 janvier 2000 d'un quartier de Bamako
vue aérienne prise le 08 janvier 2000 d'un quartier de Bamako - © PATRICK HERTZOG

Des hommes armés ont attaqué dimanche au Mali un lieu de villégiature prisé des expatriés occidentaux, situé juste en dehors de Bamako, faisant au moins deux morts dont une Franco-Gabonaise, rapportent les autorités, qui ont évoqué une attaque terroriste.

Trente-six clients, dont 13 Français, ont pu être secourus, a précisé lors d'une conférence de presse le ministre de la Sécurité, Salif Traoré, qui s'est rendu sur place.

Quatre hommes armés à moto et une voiture ont pris d'assaut "Le Campement Kangaba", un complexe touristique à l'est de la
capitale malienne où des ressortissants étrangers ont l'habitude de passer le week-end.

"Au début, nous avions pensé qu'il s'agissait de bandits armés mais nous savons comment agissent les bandits armés, ils n'essaient pas de défendre un territoire, donc nous pensons désormais qu'il s'agit d'une attaque terroriste", a dit à des journalistes Salif Traoré.

Le ministre malien de la Sécurité, Salif Traoré, a affirmé dimanche soir que quatre des auteurs de l'attaque avaient été tués par les forces de sécurité. "Nous avons récupéré les corps de deux assaillants abattus", a-t-il déclaré à la presse, ajoutant que pour "deux autres", les troupes étaient "en train de ratisser pour retrouver les corps". Le nombre total d'assaillants n'a pas été précisé.
 

De précédentes attaques en 2015 et 2016

La dernière attaque djihadiste visant des Occidentaux dans la capitale malienne remonte à celle de mars 2016, contre l'hôtel Nord-Sud de Bamako, abritant la mission de l'Union européenne qui entraîne l'armée malienne (EUTMMali). Un assaillant avait été tué.

Le 20 novembre 2015, un attentat contre l'hôtel Radisson Blu avait fait 20 morts, outre ses deux auteurs. Il avait été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), en coordination avec le groupe djihadiste de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, Al-Mourabitoune, qui avait scellé à cette occasion son ralliement à Aqmi.

L'état d'urgence est en vigueur au Mali quasiment sans interruption depuis.

En mars 2015, une l'attaque contre le restaurant-bar La Terrasse avait fait cinq morts, dont deux Occidentaux.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda. Ces derniers ont été en grande partie chassés de cette région par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, et qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix, censé isoler définitivement les djihadistes, dont l'application accumule les retards.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues dans le centre et dans le sud du pays, et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Des images de l'intervention des forces spéciales circulent sur les réseaux sociaux

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