Malgré ses promesses, la Chine construit de manière "effrénée" des centrales à charbon

Shanghai Waigaoqiao Power Generator Company produit du charbon à Shanghai. Cette photo date de mars 2016 lorsque l'ONG Greenpeace dénonçait les rejets de l'usine et la contamination de l'eau pouvant affecter un million d'habitants dans la région.
Shanghai Waigaoqiao Power Generator Company produit du charbon à Shanghai. Cette photo date de mars 2016 lorsque l'ONG Greenpeace dénonçait les rejets de l'usine et la contamination de l'eau pouvant affecter un million d'habitants dans la région. - © AFP / JOHANNES EISELE

Plusieurs ONG américaines dénoncent la construction "effrénée" de centrales à charbon en Chine, images satellites à l'appui, et, donc, les mensonges des Chinois sur leurs efforts dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Un "tsunami" de charbon 

Le signal d'alarme a été lancé par CoalSwarm, un groupe de journalistes et d'activistes américains spécialisés dans les enjeux autour du charbon. En août dernier, ils publient un rapport d'une douzaine de pages (disponible en anglais via ce lien) et relayé par de nombreuses associations dont la conclusion est sans appel: 

Des tarifs garantis, un accès facile à un crédit bon marché, et une récente série de permis délivrés par les autorités provinciales ont conduit à une augmentation rapide de la capacité de production d'électricité à partir du charbon en Chine, dépassant largement les besoins du pays. 

Selon CoalSwarm, la Chine dispose déjà de suffisamment de capacité énergétique pour répondre à ses besoins, une centrale à charbon moyenne en Chine ne fonctionnant que la moitié du temps. Il faut aussi savoir que la production actuelle d'énergie via le charbon en Chine est l'équivalent du reste de la production mondiale.

Les développements actuels permettraient d'ajouter 259 GigaWatts de nouvelles capacités de production d'énergie, soit plus que la totalité des centrales à charbon des Etats-Unis. Un Ce que CoalSwarm compare à " l'approche d'un tsunami " de charbon qui porterait la production chinoise largement au-dessus des limites fixées par l'accord de Paris sur le climat. 

La Chine est pourtant signataire de l'Accord de Paris sur le climat, issu de la COP21, qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de contenir "bien en-dessous" de 2°C la hausse des températures moyennes mondiales par rapport au niveau pré-industriel. La Chine se disait également prête, avec l'Union Européenne (UE) à défendre l'Accord face au retrait des États-Unis à la mi-2017.

La faute aux provinces chinoises?

Plusieurs analystes pointent la responsabilité des autorités locales et provinciales chinoises où l'on serait moins sensible aux efforts en matière de luttre contre le changement climatique, contrairement à Pékin, la capitale, par exemple, où il n'y a plus de charbon. Manque de contrôle? Laxisme? L'état central fait-il exprès de ne pas voir? En attendant, les travaux dans les centrales se multiplient comme le montre l'image satellite ci-dessous.

À gauche une image datant de janvier 2017 et à droite une photo prise en janvier 2018 montrent l'évolution de la construction (notamment de deux cheminées dans le bas de l'image) de cette usine à charbon à Huadian Nanxiong

Et aux États-Unis, Trump s'embarque-t-il dans une voie similaire?  

Fin août, le gouvernement Trump annonçait un nouveau projet de réglementation destiné à maintenir en vie des centaines de centrales au charbon, dont le président Barack Obama voulait précipiter la fermeture afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis.

Avec une politique et un directeur entre 2016 et juillet 2018, Scott Pruitt, très clairement climato-sceptiques, l’EPA, l’agence américaine de "protection de l’environnement" laissait 60 jours de consultation publique avant d'établir un nouveau texte sur le sujet. Celui-ci prévoirait des objectifs de baisse d’émissions de CO2 beaucoup plus laxistes pour les installations les plus anciennes que les standards internationaux.

Derrière cette manœuvre, se cache une promesse de campagne de Donald Trump et une conviction qu'il affirme depuis longtemps selon laquelle  la levée des restrictions va faire revenir l’époque où l’industrie du charbon employait des centaines de milliers d’ouvriers américains. Une théorie démontée, presque unanimement, par la communauté scientifique et même par le monde de l’entreprise.

Archive : JT 03/01/2017

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