Malgré la perte de la Chambre, Trump salue "un grand jour, un jour incroyable"

"C'était un grand jour hier, une journée incroyable. La nuit dernière, le parti républicain a défié l'histoire pour étendre notre majorité au Sénat, allant bien au delà des attentes à la Chambre (...) On a gagné ce qui est très rare" :  après les résultats mitigés aux élections législatives de mi-mandat, Donald Trump s'exprimait - fait rare - lors d'une conférence de presse ce mercredi à la Maison Blanche.

Ces élections ont livré un Congrès divisé entre une Chambre contrôlée par les démocrates et un Sénat resté aux mains des républicains. Donald Trump a estimé que les gains obtenus par les républicains au Sénat compensaient la perte de la chambre basse.

Quand il s'agit d'évoquer la défaite de son parti à la chambre des représentants, le président a surtout souligné les échecs du passé de son prédécesseur Barack Obama.

Il a aussi offert aux démocrates de travailler ensemble, non sans les menacer de représailles s'ils lançaient des enquêtes sur ses arrangements politiques et financiers.

Les raisons de la victoire et de la défaite

Les financements généreux du côté démocrate, le couverture "très hostile" des médias et le nombre de départ de ténors républicains expliquent le recul à la Chambre, selon Donald Trump qui a livré une longue comptabilité des sièges remportés par les républicains, comparaisons historiques à l'appui, soulignant les victoires dans les circonscriptions où il s'était personnellement engagé et l'effort fourni en matière de meetings.

"Les candidats que j'ai soutenus ont gagné. Nous avons une liste de personnalités qui ont été fantastiques", a souligné le président.

"Il y a des gens qui ont décidé de ne pas me suivre ou suivre ce pour quoi nous nous battons. Ils ont eu de très mauvais résultats: Donald Trump a aussi évoqué ceux qui ont été battus, celui d'une candidate en particulier, qui a refusé son soutien pendant sa campagne électorale : "Elle a perdu, elle a bien perdu."

Pour le président, les électeurs ont rejeté des sénateurs démocrates pour la façon dont ils ont traité le juge Kavanaugh : "En élargissant notre majorité au Sénat, les électeurs ont également clairement réprimandé les démocrates du Sénat pour leur gestion des audiences Kavanaugh. C’était un facteur, peut-être même un facteur très important." 

Travailler ensemble avec les démocrates

Donald Trump tend aussi la main aux démocrates : "Avec un peu de chance, nous pouvons tous travailler ensemble l'an prochain pour continuer à obtenir des résultats pour le peuple américain".

Parmi les domaines dans lesquels républicains et démocrates pourraient aboutir à des solutions communes, il a évoqué la santé, les infrastructures, le commerce ou encore la croissance économique. "Il y a de super choses qu’on peut faire ensemble. (...) Je m’attends à ce qu’ils aient de super idées que je puisse soutenir par exemple sur l’environnement, les vétérans (...) J’aimerais voir de l’unité".

Donald Trump a réitéré sa volonté d'obtenir au Congrès le financement d'un mur à la frontière mexicaine, auquel s'opposent les démocrates.

Donald et Oprah

Le président a aussi souligné les performances des gouverneurs républicains. Il a mentionné les efforts des candidats gouverneurs démocrates et de leurs soutiens, citant Oprah Winfrey, qui a fait campagne pour le gouverneur de Géorgie, Stacey Abrams.

Oprah Winfrey, "que j'aime, je ne sais pas si elle m'aime encore mais ça va," ajoute au passage Donald Trump. "Elle m'aimait, mais elle a travaillé très fort en Géorgie, très très fort".

En dehors de cet aveu, la qualité des relations de Donald Trump avec la presse n'a pas varié : lors des questions posées par la presse, le reporter de CNN a essuyé la colère présidentielle : "Vous devriez me laisser conduire le pays, vous conduisez CNN et si vous le faisiez bien..." 

Et quand un confrère du Washington Post a tenté de le défendre, le ton est encore monté : "Quand vous rapportez des fake news comme CNN le fait souvent, c'est vous qui êtes l'ennemi du peuple!" 

2020 avec Mike Pence

Le président est déjà concentré sur la présidentielle de 2020 : il a aussi déclaré que Mike Pence avait accepté d'être son co-listier.  "C'était inattendu mais je suis très content", a-t-il ajouté.

Le dirigeant de 72 ans sait aussi que les élections de mi-mandat ne peuvent pas servir de présage pour la présidentielle suivante. Barack Obama, après sa déculottée de 2010, avait été réélu facilement en 2012.

"Rien dans l'enquête russe"

Donald Trump a aussi contre-attaqué sur l'enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller notamment sur une possible collusion entre son équipe de campagne présidentielle en 2016 et la Russie : il n'est pas inquiet : "Je ne suis inquiet de rien en ce qui concerne l'enquête russe, parce que c'est un canular". 

Il a mis en garde les démocrates contre la tentation de multiplier les enquêtes à son encontre. "Nous pouvons être meilleurs à ce jeu-là", a-t-il dit faisant des menaces à peine voilées.

Le président a également assuré qu'il ne mettrait pas fin à cette enquête, qu'il qualifie depuis plusieurs mois de "chasse aux sorcières".  "Il n'y a rien là dedans", a-t-il martelé.

Un sommet avec la Corée du nord en vue

Donald Trump évoque enfin un second sommet avec Kim Jong Un début 2019. Il s'est dit très heureux des avancées engrangées dans les négociations.

Par contre, il a affirmé qu'aucune rencontre n'était "prévue" avec son homologue russe Vladimir Poutine à Paris, quelques heures après l'annonce par le Kremlin que les deux dirigeants allaient discuter "brièvement" en marge des commémorations de la fin de la Première Guerre mondiale le 11 novembre.

"Je crois que le président Poutine sera là-bas, nous n'avions rien de prévu. Je ne pense pas que nous ayons quoi que ce soit de prévu à Paris".

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