Macron : le choix belge du F-35 "va stratégiquement a contrario des intérêts européens"

Le président français Emmanuel Macron "regrette" la décision du gouvernement belge d'acheter des avions de chasse F-35 américains "plutôt qu'une offre européenne", une décision qui "stratégiquement va a contrario des intérêts européens", a-t-il déclaré vendredi devant la presse à Bratislava.

"Je regrette ce choix très profondément, néanmoins je respecte une procédure qui a été lancée avant que nous n'ayons toutes ces initiatives européennes", a dit le président français. "C'est une décision qui est liée à une procédure pour laquelle j’ai beaucoup de respect et qui est belge, qui est liée à des contraintes politiques aussi du pays et il ne m’appartient pas de les commenter. Mais stratégiquement elle va a contrario des intérêts européens", selon Emmanuel Macron.

"Je ferai tout pour que, dans les appels d'offre à venir des autres pays, des offres européennes soient promues", a-t-il ajouté.

Le gouvernement Michel a annoncé jeudi avoir choisi le F-35 américain pour remplacer sa flotte vieillissante d'avions de chasse F-16, au détriment notamment du Rafale français. Ce vendredi sur La Première, Charles Michel a déclaré au sujet de la proposition française : "J'aurais été ravi que les Français introduisent une offre, mais à ce jour je ne sais toujours pas quel est le prix de l'avion français. Quand j'achète une voiture, avant de signer le bon de commande, je veux savoir quel est le prix". Selon Charles Michel, "les Français n'ont pas fait d'offre dans le cadre de cette procédure transparente, il y a eu une proposition mais qui ne correspondait pas aux critères de notre demande."

La ministre française des Armées salue l'achat de 442 blindés

De son côté la ministre française des Armées, Florence Parly, s'est félicitée de l'approbation par le gouvernement belge du partenariat stratégique avec Paris pour l'achat de 442 blindés pour un montant de 1,5 milliard d'euros.

"Cet accord (baptisé Camo, pour "Capacité motorisée") représente une excellente nouvelle pour la France comme pour la Belgique", a-t-elle affirmé dans un communiqué. Ce partenariat inédit comprend la vente par la France de 382 véhicules blindés de combat légers Griffon (dans la terminologie française des VBMR, pour véhicule blindé multirôle), et 60 EBRC (engins blindés de reconnaissance et de combat) Jaguar.

Il comporte également un volet opérationnel incluant des entraînements, de la formation et le maintien en condition opérationnelle des matériels concernés, a précisé Florence Parly.

Un bureau commun entre le ministère français des Armées et le ministère belge de la Défense sera également créé "pour que les échanges sur l'évolution des véhicules blindés soient mutuellement bénéfiques aux deux pays".

Déclaration de Charles Michel ce matin sur nos antennes (JT 13h de ce vendredi)

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