Macron assume la « confrontation féconde » avec Merkel, « pour bâtir un compromis »

Macron et Merkel le 9 mai dernier
Macron et Merkel le 9 mai dernier - © OLIVIER HOSLET - AFP

Emmanuel Macron a assumé mercredi une « confrontation féconde » avec la chancelière Angela Merkel, qui avait évoqué dans un interview des différences d'approche avec le président français.

« Nous devons accepter des désaccords momentanés, de ne pas totalement être d'accord sur tout », a ajouté le chef de l'Etat au cours d'une conférence de presse à l'Elysée, interrogé sur des propos de la chancelière allemande reconnaissant des « confrontations » avec lui.

« Dans une relation, en particulier celle de la France et de l'Allemagne, quelles sont les options? Il y a la confrontation stérile: on n'est pas d'accord et on n'arrive pas à aller au delà de nos désaccords. On a connu ça dans le passé et ça peut conduire au pire. Soit à l'impuissance, soit à la guerre », a-t-il expliqué.

« Il y a un autre scénario: c'est l'entente stérile, c'est-à-dire qu'on veut tellement ne pas laisser dire qu'on puisse être en désaccord qu'on ne décide plus rien. Ça aussi, on l'a connu par le passé. On fait des conférences de presse inutiles et on laisse l'Europe s'endormir. »

Plan ambitieux sur le climat

« Je ne veux croire ni à la confrontation stérile ni à l'entente stérile, je crois à la confrontation féconde. C'est à dire: on propose, on teste le partenaire et on essaie ensemble de trouver un compromis », a-t-il poursuivi.

Cette méthode a, selon lui, permis d'« arriver à l'accord de Meseberg » conclu entre Paris et Berlin en juin 2018 pour faire avancer l'Union européenne et, notamment, créer un budget de la zone euro.

Elle a aussi permis que l'Allemagne rejoigne le « plan ambitieux sur le climat » proposé par neuf pays, dont la France et les Pays-Bas au sommet européen informel de Sibiu (Roumanie) la semaine dernière.

« Ce qui est attendu de la France en Europe, c'est de dire quelles sont ses ambitions et ensuite de construire un compromis avec l'Allemagne pour pouvoir avancer. C'est ça notre histoire, c'est le coeur de notre relation », a-t-il conclu.

Emmanuel Macron et Angela Merkel lors de sommets européens à Bruxelles

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