M. Kadhafi évoque "la mascarade" libyenne, le CNT va à New York

Cet enregistrement a été diffusé par la chaîne Arraï basée en Syrie, alors qu'une réunion était prévue à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU pour soutenir le CNT et évoquer l'après-Kadhafi. Le président américain Barack Obama devait peu avant rencontrer le président du CNT, Moustapha Abdeljalil.

"Ce qui ce passe en Libye est une mascarade ne tenant que grâce aux bombardements aériens qui ne dureront pas éternellement", a déclaré le colonel Kadhafi.

"Ne vous réjouissez pas et ne croyez pas qu'un régime a été renversé et qu'un autre a été imposé à l'aide des frappes aériennes et maritimes", a-t-il ajouté.

Moustapha Abdeljalil, le président du Conseil national de transition (CNT), a parlé de 25 000 morts dans la révolution.

"Nous avons perdu 25 000 martyrs, il y a le double de blessés", a déclaré M. Abdeljalil devant le président américain Barack Obama, le président français Nicolas Sarkozy, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et d'autres dirigeants lors d'un sommet des "amis de la Libye" en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

L'aide de l'ONU et des Etats "au succès de la révolution libyenne" a été crucial face à "l'énorme quantité d'armes déployées par Kadhafi contre son peuple", a-t-il continué.

Le chef du CNT a aussi avancé que de nombreux membres du régime avaient été arrêtés mais que certains avaient déjà été libérés. "Un procès équitable" sera réservé à ceux qui seront jugés, a-t-il assuré.

Le CNT progresse dans le Sud

Lundi, les combattants pro-CNT, qui harcèlent les soldats loyalistes à Syrte (360 km à l'est de Tripoli) depuis six jours et à Bani Walid (170 km au sud-est de la capitale), ont ouvert une nouvelle brèche dans le Sud désertique.

Ils sont entrés dans Sebha, fief de la tribu du "Guide" déchu, les Kadhadfa, à 750 km au sud de Tripoli, a annoncé à l'AFP dans la nuit de lundi à mardi Mohamed Wardougou, représentant de la "brigade du bouclier du désert" à Benghazi (est).

Ils "ont pris l'aéroport, la citadelle et la caserne Fares", a-t-il assuré, ajoutant que "les combats se poursuivaient dans quelques quartiers" après la fuite de "300 mercenaires de Kadhafi".

Dans le même temps, "le général Belgacem Al-Abaaj, chef des renseignements du régime de Kadhafi dans la région d'Al Khofra, a été capturé", a-t-il dit.

Mardi, Mohamed Wardougou a annoncé la capture de 150 kadhafistes à Sebha et dans ses environs. "Le contrôle de toute la région de Sebha est imminent. Le problème maintenant, c'est le sud-ouest de la Libye et notamment Aoubari et Ghat (à la frontière algérienne) qui sont toujours sous le contrôle des forces de Kadhafi", a-t-il ajouté.

Soultana a été prise

Sur la côte méditerranéenne, les combattants du front Est, désormais à une trentaine de km de Syrte, ont pris lundi soir la ville de Soultana dans la région natale du colonel Kadhafi.

"Dans deux ou trois jours, nous serons à Syrte", a assuré Moustapha ben Dardaf, commandant d'une brigade, à l'AFP.

De leur côté, les combattants du front Ouest cherchaient surtout à consolider leurs positions et à dégager les principales artères de Syrte pour laisser partir les civils.

"Les soldats de Kadhafi sont répartis dans les immeubles de la ville mais il y a des tireurs embusqués dans une zone très peuplée à l'entrée du centre-ville", a déclaré Saleb Badi, qui dirige l'offensive sur Syrte depuis le Sud.

"Depuis lundi, nous avons reçu l'ordre du Conseil militaire (de Misrata) d'arrêter d'avancer jusqu'à ce que nous puissions utiliser des armes lourdes pour frapper les endroits où les kadhafistes se cachent", a-t-il poursuivi, alors que les pro-CNT affirment régulièrement restreindre leurs opérations pour épargner les familles de Syrte.

"Les civils tentent de sortir mais sont effrayés par les combats", a ajouté M. Badi.

A Bani Walid, vaste oasis au relief accidenté, les combats ont repris mardi, selon un journaliste de l'AFP, mais les hommes des nouvelles autorités peinent à progresser: en cause, la "nature géographique et la forte présence de tireurs embusqués" selon Ahmed Omar Bani, porte-parole militaire du CNT à Tripoli.

Pourtant, les combattants sur le terrain ont d'autres griefs: "Il y a une semaine on disait qu'on allait libérer Bani Walid en quelques heures mais c'est un front difficile avec une forte résistance et le pire c'est l'absence de coordination et d'organisation entre révolutionnaires", a dit à l'AFP Abdou, qui préfère taire son nom de famille.

On a vu Seif al-Islam

Seif al-Islam, le fils le plus influent du colonel Kadhafi, a été vu dans cette ville, où le colonel Kadhafi pourrait également se trouver, selon des commandants sur le terrain. Mais le sort de Mouammar Kadhafi et de ses fils, dont trois sont en Algérie ou au Niger et deux seraient morts, a déjà donné lieu à de nombreuses rumeurs.

L'Otan a annoncé dans son rapport quotidien avoir touché lundi sept objectifs militaires à Sebha, poursuivi ses bombardements sur Syrte et Bani Walid et intensifié les tirs sur Waddan, dans l'oasis de Djofra (200 km au sud de Syrte), qui, selon les pro-CNT recèle de nombreuses caches d'armes.

L'Otan doit décider jeudi de prolonger une nouvelle fois pour trois mois sa mission en Libye. L'intervention de l'Otan, mandatée par l'ONU - en principe destinée à protéger la population de la répression du régime Kadhafi, mais qui a dans les faits aidé la rébellion à chasser le "Guide suprême" libyen du pouvoir - pourra toutefois s'arrêter dès que cessera la menace contre les civils, a-t-on souligné par ailleurs.


AFP
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