Lycéennes enlevées au Nigeria: l'armée avait été prévenue mais n'a pas réagi

"Des témoignages accablants recueillis par Amnesty International révèlent que les forces de l'ordre nigérianes n'ont pas réagi aux avertissements qu'elles ont reçus à propos d'une possible attaque armée de Boko Haram contre le pensionnat du lycée public de Chibok qui a mené à cet enlèvement", a déclaré l'organisation dans un communiqué.

L'armée nigériane effectue des recherches 24h/24 pour retrouver les lycéennes, plus de 200, enlevées par les islamistes de Boko Haram, a déclaré, pour sa part, vendredi le porte-parole des armées.

Deux divisions de l'armée nigériane sont à la recherche des jeunes filles dans le Nord, le long de la frontière avec le Niger, le Tchad et le Cameroun, tandis que la surveillance des frontières est en état d'alerte maximale, a indiqué le général Chris Olukolade au cours d'une conférence de presse à Abuja.

L'aviation a déjà effectué plus de 250 sorties dans des zones où les jeunes filles sont susceptibles d'être détenues à l'intérieur du pays, a-t-il précisé.

Chris Olukolade a annoncé que du matériel de surveillance avait été envoyé dans le Nord-Est il y a deux jours pour aider au moins 10 équipes de recherches.

L'ONU envoie un émissaire

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a décidé d'envoyer son représentant spécial en Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit, à Abuja pour proposer l'aide des Nations unies dans l'affaire des lycéennes enlevées au Nigeria, a annoncé vendredi l'ONU.

"Dans ses entretiens avec de hauts responsables du gouvernement nigérian, M. Djinnit proposera l'aide des Nations unies et évoquera les meilleurs moyens de soutenir les efforts des autorités pour assurer que les jeunes filles enlevées soient rendues saines et sauves à leurs familles", a indiqué un porte-parole de l'ONU. M. Djinnit a "réitéré" vendredi à Dakar sa "ferme condamnation" de l'enlèvement de plus de 200 lycéennes au Nigeria par le groupe islamiste Boko Haram, et appelé à renforcer la coopération régionale contre "le terrorisme". Il s'exprimait lors d'une conférence de presse organisée après une rencontre à Dakar des chefs de mission de maintien de la paix de l'ONU en Afrique de l'Ouest.

Arrivée d'"experts"

"Ils sont arrivés (...), l'équipe est au Nigeria", a déclaré à l'AFP Rhonda Ferguson-Augustus, porte-parole de l'ambassade US, sans préciser où se trouve cette équipe dans le pays. Des responsables américains avaient annoncé l'envoi d'une équipe composée de moins de 10 militaires, de spécialistes du département américain de la Justice et de membres du FBI. "Une équipe d'experts britanniques qui va conseiller et aider les autorités nigérianes pour répondre à l'enlèvement de plus de 200 lycéennes est arrivée ce matin à Abuja", a annoncé de son côté le Forein office britannique dans un communiqué.

L'équipe britannique comprend des diplomates et des experts du ministère de la Défense. Elle "ne va pas seulement prendre en compte les récents incidents mais aussi les solutions anti-terroristes à long terme, afin d'empêcher de telles attaques dans le futur, et pour vaincre Boko Haram", poursuit le communiqué.

Les autorités critiquées

La Chine et la France ont aussi proposé leur aide, à travers notamment le partage d'informations recueillies par les services de renseignements et les satellites, et l'envoi de spécialistes.

S'exprimant vendredi au "Forum économique pour l'Afrique", le président nigérian Goodluck Jonathan a répété que son pays était "totalement engagé à retrouver ces jeunes filles".

La réaction des autorités nigérianes au rapt de masse, le 14 avril, dans la ville de Chibok, dans l'État de Borno (nord-est) a été très critiqué, le président n'ayant fait aucun commentaire sur cette attaque, la plus choquante perpétrée par le groupe islamiste, pendant plusieurs jours.

La mobilisation internationale, largement répercutée sur les réseaux sociaux, avec le soutien de célébrités mondiales telles que la première dame des Etats-Unis Michèle Obama et l'actrice américaine Angelina Jolie, a poussé les responsables nigérians à s'engager plus fermement pour tenter de retrouver les lycéennes.

Le conseiller spécial à la sécurité Sambo Dasuki et Mohammed Abubakar, le chef de la police nigériane, se sont notamment rendu ensemble jeudi à Chibok pour illustrer cet engagement des autorités.


Avec agences

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