#LoveIsNotTourism : l’amour plus fort que les frontières imposées par le coronavirus?

Au commencement, nous étions tous logés à la même enseigne Covid. L'alerte mondiale, l'onde de choc, les restrictions. L'urgence sanitaire permettait de justifier la séparation. Rendait l'absence supportable. 

Pourtant, pour des centaines de couples binationaux, les jours se suivent, se ressemblent. L'être aimé demeure insaisissable : seul un écran d'ordinateur permet d'entretenir une flamme qui pâlit depuis 6 mois ou plus.

Mais si le virus ne connaît pas les frontières, l'amour non plus. Les binationaux haussent le ton, sont prêts à mettre la pression. Car la prise en charge de leur dossier leur laisse un arrière-goût d'injustice. 

Manque de considération

" Pourquoi vous et pas nous ? ". Le sentiment d’injustice commence à poindre du côté des couples qui s’aiment à distance avec le statut de " non-mariés ". Des porte-voix ont été désignés, une vaste campagne a été lancée : elle commence à inonder les réseaux sociaux.

Son nom ? #LoveIsNotTourism, pour instantanément couper l’herbe sous le pied de celles et ceux qui verraient derrière ce mouvement l’occasion de prendre du bon temps, à l’étranger, durant les mois d’été. " Les beaux jours sont là, c’est certain. Mais loin de nous l’envie de se comporter en touristes… ", commente P. J., qui nous a contacté. Ce Namurois, qui désire s’exprimer anonymement, n’a plus vu sa partenaire, qui est américaine, depuis 6 mois. Or, pour les Etats-Unis tout voyage non essentiel vers l’Union reste interdit. "On souhaite se revoir, deux ou trois semaines étaient prévues. Et ça n’a rien à voir avec des envies de vacances : cela concerne notre avenir, notre amour. "

Seuls huit pays autorisent les retrouvailles

 

Concrètement, les représentants de #LoveIsNotTourism entendent médiatiser leur situation à l’équilibre instable. A ce jour, seuls 8 pays européens autorisent la réunion de ces couples. Objectif ? Mettre la pression sur les autres, dont la Belgique, pour permettre aux couples non mariés, tenus à distance par les interdictions de voyager, de se retrouver. La Commission européenne elle-même encourage les Etats membres à mettre en pratique les retrouvailles.

Bref, des partenaires non mariés, engagés dans des relations dûment attestées, devraient pouvoir entrer dans l’Union européenne s’ils le veulent : alors pourquoi tant de frilosité ? " Il y a bien sûr la crainte des abus en tout genre ", analyse P.J., " il ne faut pas l’évacuer mais attention à ne pas non plus mettre tout le monde dans le même panier. Je redoute aussi que les ambassades voient nos demandes comme une charge de travail supplémentaire. Mais comment font les Allemands alors ou nos voisins hollandais ? Chez eux, pas le moindre problème !"

P.J. et sa compagne américaine connaisse les règles, la tentation de les contourner est forte mais assez vite tempérée : " Malgré les lenteurs administratives et les enjeux politiques que nous ne maîtrisons pas, nous sommes tenus de rester droits. On pourrait tricher, c’est vrai, en utilisant les failles du système Schengen. Mais nous ne le ferons pas. Ni ma compagne ni moi ne voulons enfreindre les règles d’un pays dans lequel on aurait envie de commencer une nouvelle vie. "

La petite amie de Florian Mehler vit au Brésil alors que lui vient d'Allemagne. Il témoigne :

    "La dernière fois que nous nous sommes vus, c'était le 27 janvier. Nous nous sommes dit au revoir à l'aéroport de Francfort et j'avais en fait un billet pour le 20 mars pour lui rendre visite. Ma petite amie vient du Brésil et nous ne nous sommes pas vus depuis six mois".

 

Des manifestants tenant des banderoles sur lesquelles on peut lire " 184 jours et plus… pas de fin en vue " ou encore " L’amour n’est pas du tourisme ". Au verso de celles-ci est indiqué " Tu me manques " et " L’amour est pour tout le monde ". 

JT 13h (11/07/2020)

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