Londres vend son patrimoine aux investisseurs immobiliers

La rue des ministères en pleine mutation
La rue des ministères en pleine mutation - © Tous droits réservés

Le centre de Londres est devenu tellement cher que même le gouvernement le déserte. Récemment, un plan a été mis au point pour faire des économies. Le principe: réduire le nombre de bâtiments officiels et faire déménager les fonctionnaires en banlieue.

En quatre ans, le nombre de bâtiments officiels dans le centre de Londres est passé de 143 à 71. Une purge drastique qui a pour but final d'arriver à vingt-trois. Résultat, à Whitehall (la rue des ministères) aujourd'hui, il souffle un vent de changement. Et de censure. Les fonctionnaires obligés de déménager dans des bureaux excentrés plus petits évitent les questions délicates des journalistes. Ici, pour espérer une réponse, il faut se tourner vers les citoyens...

- "Ce n'est pas bien de vendre. C'est le centre du pays ici. Les gens qui travaillent au gouvernement devraient avoir leurs bureaux là où bat le coeur du Royaume-Uni".

- "Le problème, c'est que l'argent est fait pour les dieux... Tous les millionnaires, billionnaires ou trillionnaires qui vivent ici ont trop de pouvoir... S'ils peuvent même acheter les bâtiments du gouvernement, c'est qu'il y a quelque chose qui cloche".

Le patrimoine, nouveau filon pour les investisseurs

Parmi les bâtiments revendus par l'Etat, il y a Admiralty Arch, l'Arche de l'Amirauté, monument incontournable à Londres puisqu'il se situe entre Buckingham Palace et Trafalgar Square. Signe particulier: Winston Churchill y a résidé en 1915 quand il était premier commandant de la Royal Navy. Depuis deux ans, le lieu est complètement vide. Il a été racheté par un promoteur immobilier espagnol, Rafael Serrano.

"Le gouvernement a fait un appel d'offres qui a duré presque un an... Il a fallu faire compétition contre plusieurs investisseurs du monde entier. Et pour gagner, j'ai réuni 20 sociétés britanniques spécialisées dans l'hôtellerie de luxe et l'immobilier".

L'objectif de cet investisseur est de faire de ce bâtiment déserté un hôtel 5 étoiles tout en conservant son héritage et son architecture.

Le gouvernement, attentif, a prévu de toucher des royalties sur les bénéfices de l'hôtel dont les travaux commenceront en 2015.

Nadia Salmi

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