Londres augmente le plafond de son arsenal nucléaire, une première en 30 ans

Le gouvernement britannique a décidé d'augmenter le plafond de son arsenal nucléaire, une première depuis la chute de l'Union soviétique, au terme de sa revue stratégique en matière sécurité, de défense et de politique étrangère publiée mardi.

Cette revue stratégique, la première depuis la sortie complète du Royaume-Uni de l'Union européenne, et l'une des plus importante depuis la Guerre froide, érige aussi la Russie en menace majeure pour le pays et témoigne d'une volonté de se focaliser sur la région indo-pacifique.

L'une des principales mesures du rapport de plus de 100 pages, qui doit être détaillé par le Premier ministre Boris Johnson devant les députés, prévoit que le Royaume-Uni porte de 180 à 260, soit une hausse d'environ 45%, le plafond maximum de son stock d'ogives nucléaires, mettant fin à un désarmemement progressif en oeuvre depuis la chute de l'Union soviétique il y a trente ans.

Ce changement de cap, après l'engagement pris par Londres en 2010 de le réduire d'ici la mi-décennie 2020, est justifié par une "gamme croissante de menaces technologiques et doctrinales", selon le document.

"Parce que les circonstances et les menaces changent avec le temps, nous devons maintenir un niveau minimum et crédible de dissuasion", avait justifié mardi, avant la publication de la revue, le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, interrogé par la BBC. "C'est la garantie ultime, la police d'assurance ultime contre les pires menaces d'Etats hostiles", a-t-il ajouté.

Cette revue stratégique en matière de sécurité, de défense et de politique étrangère déterminera la ligne gouvernementale pour la décennie à venir. Elle intervient au moment où Londres cherche à se repositionner, depuis le Brexit, comme une puissance incontournable sur la scène internationale, selon le concept de "Global Britain".

Réaffirmant le rôle de l'Otan comme "fondement de la sécurité collective" pour la zone Europe-Atlantique, le document présente ainsi la Russie de Vladimir Poutine comme "la menace directe la plus aiguë contre le Royaume-Uni".

Il se montre plus nuancé envers la Chine, avec laquelle Londres souhaite approfondir ses liens commerciaux, qualifiée de "concurrent systémique".

Il est également prévu que les soldats britanniques servent "plus souvent et plus longtemps" à l'étranger.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK