Liverpool retiré de la liste du patrimoine mondial par l'Unesco ? Ce serait exceptionnel

La décision définitive ne tombera qu’à la fin du mois de juillet, mais l’Unesco pourrait bien décider de retirer Liverpool de la liste du patrimoine mondial. C’est en tout cas ce que recommande le comité du patrimoine mondial dans le rapport préliminaire qu’il vient de publier. Il fait d’ailleurs la même recommandation pour la Réserve de chasse de Selous, en Tanzanie. Deux sites menacés de retrait, c’est exceptionnel.

C’est très rare, explique Mechtild Rössler, directrice du comité, lors d’une conférence de presse. Jusqu’ici, seuls deux sites ont été retirés de la liste : la vallée de l’Elbe à Dresde, à cause de la construction d’un pont à quatre voies, et le sanctuaire de l’Oryx arabe à Oman, en 2007, à cause d’un projet industriel.

C'est très rare. Jusqu'ici seuls deux sites ont été retirés de la liste

On peut lire, dans le rapport préliminaire, que “le comité note avec un profond regret qu’à la suite de projets d’aménagement et de développement approuvés et mis en œuvre, le bien s’est détérioré jusqu’à perdre les caractéristiques qui avaient déterminé son inscription sur la Liste du patrimoine mondial.

Liverpool sur la liste du patrimoine en péril depuis 2012

Mechtild Rössler rappelle que les autorités britanniques ont été averties à plusieurs reprises, depuis quelques années, mais que les mesures demandées n’ont pas été mises en place.

Liverpool a en effet été placé sur la liste du patrimoine en péril depuis 2012. C’était une sorte d’avertissement.

Les sites (culturels, naturels ou mixtes) inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco peuvent en effet être “rétrogradés”, placés sur la liste du patrimoine en péril si le comité estime qu’ils sont menacés par des conflits armés, des catastrophes naturelles, la pollution, l’urbanisation sauvage, etc.

La Grande Barrière de corail et Venise pourraient être rétrogradés

C’est ce qui pourrait se passer cette année avec la Grande barrière de corail, par exemple. Le rapport préliminaire recommande de l’inscrire sur la liste du patrimoine en péril. Et cela fâche le gouvernement australien, mais pour l’UNESCO, c’est une manière d’alerter le monde entier sur la situation.

Sept autres sites pourraient subir le même sort, dont Venise et Budapest. Là aussi, l’état de conservation des sites inquiète les experts, et le comité voudrait inciter les autorités à réagir.

La Roumanie volontaire pour la liste des sites en péril

Un site pourrait par contre entrer sur cette liste “volontairement”. La Roumanie a demandé à l’Unesco de placer le site minier de Rosia Montana à la fois sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco et sur la liste du patrimoine en péril.

L’Unesco l’explique sur son site : “Certains pays demandent l’inscription d’un site pour focaliser l’attention internationale sur ses problèmes et obtenir une assistance compétente pour les résoudre. D’autres, cependant, souhaitent éviter une inscription qu’ils perçoivent comme un déshonneur.”

L'épée de Damoclès 

Au-delà de l’avertissement aux autorités, ou de la sensibilisation de l’opinion publique, l’inscription sur la liste du patrimoine en péril implique la mise en place, par le Comité et en concertation avec l’Etat concerné, de mesures correctives. Tout doit être fait pour permettre le retrait du site de la liste “en péril”.

A Liverpool, l’épée de Damoclès que constitue cette qualification de patrimoine en péril n’a apparemment pas fonctionné. Au lieu de sortir de la liste du patrimoine en danger, le port pourrait donc bien sortir de la liste du patrimoine tout court.

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