Libye: une dizaine de missiles tirés, le QG du colonel Kadhafi détruit

A Tripoli, ce bâtiment désigné comme un QG de Mouammar Kadhafi a été détruit par une frappe aérienne
3 images
A Tripoli, ce bâtiment désigné comme un QG de Mouammar Kadhafi a été détruit par une frappe aérienne - © AFP

Une dizaine de missiles ont été tirés sur la Libye cette nuit par la coalition, selon l'armée américaine. Tripoli a été bombardée : un missile a détruit un bâtiment que les alliés ont désigné comme un centre de commandement du colonel Mouammar Kadhafi.

Les Américains se sont montrés satisfaits des résultats militaires des premiers bombardements des défenses anti-aériennes de Mouammar Kadhafi. Dimanche, le quartier général du colonel Kadhafi, au sud de Tripoli, a été bombardé. On ne sait pas s'il y a des blessés mais Tripoli dénonce une opération destinée à tuer Mouammar Kadhafi. La Libye parle de 64 morts, bilan invérifiable.

Une frappe britannique sur le QG de Kadhafi

Le bombardement, dimanche soir, du QG du colonel Kadhafi au sud de Tripoli, marque un tournant. Un responsable militaire américain a déclaré ignorer si la frappe avait été efficace ou non. Ce responsable, qui s'est exprimé sous le sceau de l'anonymat, a indiqué que cette frappe, menée par les forces britanniques, avait visé la capacité de commandement militaire du colonel Kadhafi.

A Londres, le général David Richards, chef des forces armées britanniques, a assuré que les forces coalisées ne visaient pas directement le "Guide" libyen. "Absolument pas. Ce n'est pas permis par la résolution de l'Onu et je ne veux pas épiloguer sur le sujet", a dit le général à la BBC.

Le pouvoir libyen a de son côté aussitôt fait visiter le complexe par les journalistes. Il dénonce un bombardement barbare.

En tout, une dizaine de missiles ont été tirés sur la Libye la nuit dernière contre divers objectifs, a déclaré lundi le commandement Afrique de l'armée américaine.

Un bilan très satisfaisant selon les forces coalisées

Pour la coalition, le bilan de la première intervention (les tirs de missiles Cruise par leurs avions et à partir des navires et sous-marins déployés en Méditerranée) est très satisfaisant. Cette première salve visait les défenses anti-aériennes de Mouammar Kadafhi. Il s'agit maintenant de détruire les bases de ravitaillement des forces anti-aériennes libyennes. 

Autre résultat revendiqué par la coalition internationale : la progression des chars de Kadhafi vers Benghazi aurait été ralentie mais des combats se sont poursuivis à Mistrata et à Benghazi. La rébellion fait état d'attaques qui se poursuivent.

Des voix discordantes se font entendre

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a dénoncé des bombardements "qui ont provoqué la mort et les blessures de nombreux civils libyens" et il a convoqué une réunion extraordinaire de l'organisation.

Un porte-parole de la rébellion a critiqué la position du diplomate égyptien, affirmant que plus de 8000 insurgés avaient été tués depuis le début de l'insurrection à la mi-février. Le soutien de la Ligue arabe à la résolution 1973 a grandement facilité la mise en place de la plus grosse intervention militaire dans le monde arabe depuis l'invasion de l'Irak en 2003.

Si l'organisation désapprouvait son déroulement, cela compliquerait grandement la tâche des Occidentaux. Certains analystes militaires soulignent déjà que cette campagne sera dans tous les cas difficile, et son issue incertaine.

Il y a des réticences aussi parmi les membres de l'Otan. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada voudraient voir l'Otan  prendre  le commandement des opérations, mais  la France  y est hostile, vu la mauvaise réputation de l'Otan dans le monde arabe.

Autre réticences connues, celles de l'Allemagne, de la Turquie, de la Russie, de l'Inde, du Brésil.

Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a quant à lui affirmé que Washington ne jouerait pas "de rôle dominant" dans l'intervention. D'autres
pays seront amenés à prendre les devants "dans les prochains jours". "Nous aurons un rôle militaire dans la coalition, mais pas un rôle dominant", a-t-il insisté en relevant que les pays arabes étaient hostiles à l'idée de passer sous le drapeau de l'OTAN.

La Belgique figure parmi les pays qui ont apporté leur soutien à une intervention militaire en Libye pour stopper la répression de la contestation au régime du colonel Mouammar Kadhafi.

L'offensive menée par  la coalition entre dans sa troisième journée

Il s'agit cette fois d'anéantir  les  bases de ravitaillement de l'armée libyenne. Pour la deuxième fois, le pouvoir libyen a annoncé un cessez-le-feu dimanche soir mais le premier n'avait pas été observé et  les Américains ont qualifié cette nouvelle annonce de mensonge.

Difficile de mesurer le succès affiché par le commandement américain qui a parlé d'une très bonne journée.  Le résultat le plus spectaculaire est le bombardement de  plusieurs sites à Tripoli, une caserne, mais aussi un  bâtiment  administratif du complexe résidentiel de Mouammar Kadhafi à Bab el Azizeya.

Le pouvoir libyen qui promet une longue guerre, fait état de 64 morts pour la nuit de samedi à dimanche, un bilan invérifiable. Les chars du colonel Kadhafi n'avanceraient plus vers Benghazi mais des combats se déroulent encore  dans cette ville, fief de l'insurrection.

Les frappes de la coalition soutiennent les cours du pétrole

Les cours du pétrole étaient en hausse lundi dans les échanges électroniques en Asie, soutenus par le début des frappes aériennes de la coalition internationale en Libye pour instaurer une zone d'exclusion aérienne, ont indiqué les analystes.

Dans les échanges matinaux, le baril de "light sweet crude" pour livraison en avril prenait 1,88 USD à 102,95 USD. Celui du Brent de la Mer du Nord pour livraison en mai gagnait 2,14 USD à 116,07 USD.

"Les prix du pétrole ont progressé à cause des attaques militaires en Libye de la part de la coalition. Des installations pétrolières pourraient être détruites lors de ces frappes ou lors d'actions de sabotage", a déclaré Victor Shum, du cabinet Purvin and Gertz, qui table sur un maintien des prix au-dessus des 100 dollars le baril.

Vendredi, les cours avaient reculé.

 

RTBF avec agences

Et aussi

Newsletter RTBF Info - Afrique

Chaque semaine, recevez l’essentiel de l'actualité sur le thème de l'Afrique. Toutes les infos du continent africain bientôt dans votre boîte de réception.

OK