Libye: le maréchal Haftar effraie les femmes

Tripoli, avant la guerre.
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Tripoli, avant la guerre. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

C’est la voix de femmes libyennes. Dans ce pays conservateur, comment les habitantes de Tripoli vivent-elles l’offensive du Maréchal Haftar ? Cet homme fort de l’Est du pays qui a attaqué la capitale et ambitionne de s’emparer du pouvoir.

L’offensive dure depuis plus d’un mois. Certains quartiers de la capitale sont transformés en champs de bataille. Bon nombre d’habitants de la capitale craignent Haftar qu’ils considèrent comme un nouveau dictateur militaire.

Sur place, Maurine Mercier a pu rencontrer deux jeunes femmes de Tripoli. Leur quartier est encore épargné par la guerre mais jour et nuit, elles entendent les bombardements. Voici la première, jeune maman, 25 ans : « Je ne quitterai jamais le pays. Je resterai ici, je me battrai ici. Si tous les citoyens valables quittent le pays, comment est-ce qu’on rebâtira le pays ? J’ai besoin d’être optimiste, sinon, je ne survivrai pas. Et puis, je me dis que soit nous arrivons à éviter la catastrophe, soit ce sera encore pire qu’en Syrie. ».

Je ne veux pas d’un nouveau Kadhafi

Cette autre jeune mère de 27 ans a tellement vécu de violences qu’elle ne sait plus si elle perd la tête ou non. Durant l’entretien, chez elle, les bombes grondaient. Parfois les vitres vibraient. Les Libyennes ont expérimenté une telle violence depuis 2011, que leurs échelles ne sont plus les mêmes. « J’ai des amis qui vivent dans les quartiers qui sont pris dans les combats et on continue de se retrouver pour boire des cafés. Je crois que c’est notre manière à nous de résister. Mon amie me dit toujours que si elle meurt, elle mourra au moins en faisant quelque chose qui lui fait plaisir. Donc on continue à sortir toutes les deux »

Ce qui signifie que la peur d’un nouveau dictateur est plus grande que la guerre actuelle : « Je ne veux pas d’un nouveau Kadhafi. »

Haftar n’a pas encore conquis Tripoli, mais a déjà réussi à réinstaurer le climat qui régnait sous khadafi. La majorité des habitants de la capitale sont contre Haftar, mais beaucoup n’osent déjà plus le dire, de peur de le payer s’il venait à l’emporter. Voilà pourquoi ces deux jeunes femmes témoignent sous couvert d’anonymat.

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