Libye: "L'attitude de l'UE me dégoûte", dénonce Guy Verhofstadt

Guy Verhofstadt
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Guy Verhofstadt - © RTBF

Au parlement européen, les pays partisans d'une intervention en Libye s'indignent de la passivité de l'Union. Ils craignent que la contre-offensive de Mouammar Kadhafi vers Benghazi ne provoque un massacre.

Les chefs de file des groupes des élus libéraux et verts et plusieurs députés européens, ont dénoncé avec force mercredi la passivité de l'Union européenne face à la contre-offensive du colonel Kadhafi en Libye. "Si Kadhafi prend Benghazi ce sera un véritable massacre", a mis en garde Guy Verhofstadt l'ancien Premier ministre belge et président du groupe libéral, au cours d'un débat au Parlement des président de l'Union européenne. Alors que les rebelles sont sous le feu des forces de Mouammar Kadhafi, "l'Union envoie des missions d'informations à Tripoli" et "nous refusons d'aider le peuple libyen à faire sa révolution démocratique", s'est indigné Guy Verhofstadt. 

"L'attitude de l'Union européenne me dégoûte et me rend malade", a-t-il ajouté, applaudi par de nombreux députés. "Nous n'avons rien appris du passé, rien du tout", a regretté le chef du groupe libéral, en évoquant "une nouvelle page noire de l'Union européenne". "Je suis un Européen convaincu mais je ne compte pas sur l'Union européenne en ce moment. Je compte sur la France, je compte sur le Royaume-Uni, je compte sur les Etats-Unis pour donner l'exemple", a conclu Guy Verhofstadt.

"Pourquoi est-ce que l'Union européenne ne s'est pas engagée davantage en faveur d'une zone d'interdiction de survol, ce n'est pas va-t-en guerre de faire cela!", a souligné de son côté la co-présidente du groupe des Verts, Rebecca Harms. "Nous refusons de nous mettre du bon côté, du côté des justes et le monde arabe n'oubliera pas cette faiblesse de l'Europe, elle ne le lui pardonnera pas", a-t-elle prévenu.

L'Allemagne a répété mercredi qu'elle refusait de soutenir le projet de zone d'exclusion aérienne contre l'aviation libyenne défendu par la France, refusant d'être entraînée "dans une guerre en Libye". L'Italie est également hostile à une intervention.

Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a estimé au contraire qu'il n'était pas encore trop tard pour "neutraliser les moyens aériens" du colonel Mouammar Kadhafi. "Il est souvent arrivé dans notre histoire contemporaine que la faiblesse des démocraties laisse le champ libre aux dictatures. Il n'est pas encore trop tard pour faire mentir cette règle", a jugé Alain Juppé.      
 
Avec AFP

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