Libye et Bahreïn: forces armées en première ligne pour mater la révolte

Un insurgé libyen, le 14 mars 2011 à Ajdabiya
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Un insurgé libyen, le 14 mars 2011 à Ajdabiya - © AFP - Patrick Baz

Les forces armées étaient mardi en première ligne pour mater la révolte dans le monde arabe, les fidèles de Mouammar Kadhafi poursuivant leur offensive contre les insurgés libyens, et les colonnes du Conseil de coopération du Golfe intervenant à Bahreïn en proie à des troubles.

Dans l'Est de la Libye, la ville-clé d'Ajdabiya se préparait à subir un assaut des forces du "Guide", qui ont enchaîné en une semaine une série de victoires qui pourraient s'avérer capitale pour le pouvoir libyen, confronté depuis un mois à une insurrection.

Dès lundi, des bombardements ont visé la sortie ouest d'Ajdabiya, ville située à 160 km seulement de Benghazi, le fief des rebelles. Les troupes de Tripoli ont repris plusieurs villes de l'est libyen ces derniers jours, notamment à coups d'artillerie lourde et de raids aériens.

La position des insurgés est d'autant plus difficile que la communauté internationale ne parvient pas à un compromis pour leur venir en aide, faute d'accord sur la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne ou sur des frappes aériennes ciblées.

Aucune décision n'a ainsi été prise à l'issue d'une rencontre à Paris des chefs de la diplomatie du G8 (Etats-Unis, Russie, Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie, Canada, Japon), selon le chef de la diplomatie française Alain Juppé, qui a reconnu mardi n'avoir "pas convaincu" ses partenaires.

Dans une interview au quotidien italien Il Giornale, Mouammar Kadhafi a estimé que la rébellion était désormais défaite, promettant de ne pas tuer les insurgés s'ils se rendaient.

Bahreïn

A Bahreïn, l'opposition était sur le qui-vive mardi, après l'entrée dans le petit royaume de plus d'un millier de soldats saoudiens et de 500 policiers des Emirats arabes unis faisant partie de la force commune du Conseil de coopération du Golfe (CCG), alors que la contestation et les troubles se multiplient depuis la mi-février.

L'arrivée des troupes fait suite à une intensification de la mobilisation de manifestants chiites qui bloquaient lundi les accès du centre de Manama, ville quasiment paralysée par une grève générale.

Les activistes réclament l'instauration d'une véritable monarchie constitutionnelle et pour certains le départ de la dynastie sunnite des Al-Khalifa qui gouverne ce pays en majorité de confession chiite.

La communauté internationale est restée prudente face à cette intervention, Hillary Clinton, selon un responsable américain, ayant fait part de sa "profonde préoccupation", et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, appelant les parties "à faire preuve du maximum de retenue".

Hillary Clinton est par ailleurs attendue mardi en Egypte, où elle devrait s'exprimer notamment sur la contestation dans le monde arabe.

Seul l'Iran a fermement condamné l'intervention à Bahreïn, dénonçant mardi une mesure "pas acceptable" qui "rendra la situation plus compliquée et plus difficile".

Yémen

La situation restait par ailleurs toujours tendue mardi au Yemen, où au moins 44 personnes ont été blessées la veille, la police ayant ouvert le feu pour disperser plusieurs manifestations.

Le président Ali Abdallah Saleh apparaît de plus en plus fragilisé, en raison de la perte de l'appui des tribus, l'un des piliers de son régime.


AFP
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