Liban: la nouvelle ministre de l'Intérieur veut autoriser le mariage civil

Des manifestants brandissent des pancartes pour légaliser le mariage civil
Des manifestants brandissent des pancartes pour légaliser le mariage civil - © ANWAR AMRO - AFP

Au Liban, le mariage civil est impossible. Seuls les mariages religieux, chrétiens et musulmans, sont autorisés et enregistrés auprès des tribunaux de chacune des 18 communautés religieuses reconnues dans le pays. La nouvelle ministre de l’intérieur Raya al-Hassan, première femme à ce poste dans le monde arabe, a récemment relancé le débat autour du mariage civil.

Des dizaines de personnes ont manifesté samedi à Beyrouth pour appeler l’Etat à reconnaître les mariages civils célébrés sur son territoire, sur fond d’une nouvelle polémique autour de la légalisation des unions non religieuses au Liban.

Dans une interview pour Euronews, la ministre de l’intérieur Raya al-Hassan a affirmé être "pour qu’il y ait un cadre régulant le mariage civil" et vouloir "ouvrir la porte pour un dialogue sérieux et profond avec toutes les instances religieuses (…) pour que le mariage civil soit reconnu."

Un discours clivant

Alors que le projet a été favorablement accueilli par plusieurs responsables politiques du pays et par le chef de l’Eglise maronite (qui nuance que le mariage, même civil, doit être obligatoire), Dar el-Fatwa, la plus haute instance sunnite du pays s’est ouvertement opposée au projet par voie de communiqué : "Nous refusons le mariage civil parce qu’il va à l’encontre de la charia". Point de vue partagé par le conseil supérieur chiite qui lui a emboité le pas.

Dar el-Fatwa invoque aussi la législation libanaise : "le mariage civil est également contraire aux dispositions de la Constitution libanaise, sachant que l’article 9 de la Constitution a accordé aux communautés religieuses le droit de légiférer sur le statut personnel."

Législation paradoxale

Pour contourner le problème, de nombreux couples libanais célèbrent leur union civile dans les pays voisins, notamment à Chypre, en Turquie ou en Grèce. Paradoxalement, ces mariages sont reconnus par les autorités libanaise et enregistrées dans les fichiers d’état-civil. Toutefois, les pro-union civile ne sont pas satisfaits du statu quo et espèrent pouvoir se marier dans leur propre pays, comme l’indique une pancarte d’un manifestant : "Je veux me marier civilement au Liban car j’ai la phobie de l’avion".

 

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