Saad Hariri accuse Bachar al-Assad d'être derrière l'attentat de Beyrouth

Les forces de sécurité en renfort après l'explosion d'une bombe dans le secteur est de Beyrouth, le 19 octobre 2012
Les forces de sécurité en renfort après l'explosion d'une bombe dans le secteur est de Beyrouth, le 19 octobre 2012 - © Patrick Baz

Le chef des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI) au Liban, Wissam al-Hassan, a été tué dans un attentat qui a secoué Beyrouth vendredi, des membres de l'opposition libanaise pointant du doigt le régime syrien.

L'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri a accusé le président syrien Bachar al Assad d'être derrière l'attentat qui a coûté la vie vendredi à Beyrouth au général Wissam al Hassan, chef des services de renseignement des Forces de sécurité intérieure.   

Interrogé par la chaîne Future Television et prié de dire qui, selon lui, était responsable de cet attentat, Saad Hariri a répondu : "Bachar Hafez al Assad", donnant le nom complet du chef de l'Etat syrien.

Le général Hassan, un musulman sunnite, est un proche de Saad Hariri, et était pressenti pour prendre la tête des FSI à la fin de l'année.

Les renseignements des FSI avaient joué un rôle premier dans l'arrestation le 9 août de l'ex-ministre libanais Michel Samaha, un partisan du régime syrien, dans le cadre d'une affaire d'explosifs saisis qui devaient être notamment placés dans le nord du Liban.

Un leader de l'opposition, Samir Geagea, a affirmé à la presse que le général se "déplaçait avec des mesures de sécurité exceptionnelles".

"Il avait installé sa femme et ses enfants à Paris car il se savait visé".

Selon lui, "ils ont visé le général Hassan car il a arrêté Michel Samaha et il était parmi les responsables de sécurité qui n'avaient peur de rien".

Des menaces venues de Damas

Les renseignements des FSI ont joué un rôle important dans la recherche des responsables des attentats et assassinats qui ont visé des personnalités politiques entre 2005 et 2008 et pour lesquels Damas été pointé du doigt, notamment celui en 2005 de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad.

D'après M. Geagea, lui-même visé par une tentative d'assassinat en avril dernier, "le général Hassan nous alertait à chaque fois que des menaces pesaient contre nous", en référence aux membres de l'opposition hostile à Damas.

Un autre pilier de l'opposition, l'ancien président Amine Gemayel, a qualifié sa mort de "perte pour tout le Liban". "Tout le monde connaissait ses efforts pour préserver la sécurité des Libanais", a-t-il ajouté sur le lieu de l'attentat dans le quartier chrétien d'Achrafieh.

Manifestations dans les régions sunnites

A la suite de l'annonce de la mort du général Hassan, des hommes dans des régions à majorité sunnite ont brûlé des pneus et coupé des routes notamment entre Tripoli, la grande ville du nord et la frontière syrienne, ainsi que dans le quartier de Corniche el-Mazraa à Beyrouth.

Cet attentat à la voiture piégée a fait, selon la défense civile, un total de huit morts et 78 blessés dans le centre de Beyrouth.   

Survenu dans une rue abritant les locaux des Phalanges chrétiennes, il a ravivé le souvenir de la guerre civile (1975-1990) chez des éditorialistes libanais, qui redoutent le début d'un nouveau cycle de violences lié au conflit en Syrie voisine.

Notons encore que ce samedi a été déclarée journée de deuil national.

 

RTBF et AFP

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