Liban: un soldat enlevé par les islamistes lors de combats à Tripoli

Des soldats libanais dans un quartier nord de Tripoli, Bab al-Tabbaneh, le 26 octobre 2014
Des soldats libanais dans un quartier nord de Tripoli, Bab al-Tabbaneh, le 26 octobre 2014 - © Ibrahim Chalhoub

Un soldat libanais a été enlevé dimanche dans un secteur de Tripoli, la grande ville du nord du Liban, où des combats font rage entre l'armée et des islamistes armés depuis trois jours, a annoncé l'armée. De son côté, le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, a menacé d'exécuter dimanche des soldats libanais qu'il retient comme otages si l'armée libanaise ne cessait pas ses combats à Tripoli.

L'adjudant Fayez al-Ammouri a été kidnappé dans sa maison à Bab al-Tebbané, un secteur sunnite secoué par des affrontements qui ont fait deux morts parmi les civils dont un enfant, selon un responsable des services de sécurité.

L'armée avait réussi samedi à chasser des combattants libanais soupçonnés de liens avec le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, du centre-ville de Tripoli, ville à majorité sunnite régulièrement secouée par des violences liées au conflit en Syrie voisine.

Mais en soirée les hommes armés se sont retranchés à Bab al-Tebbané, dans le nord de la ville, et de violents combats les opposaient toujours dimanche après-midi à l'armée qui lance des obus de mortier et utilise des mitrailleuses lourdes, selon le correspondant de l'AFP sur place.

Outre les deux morts, les affrontements ont fait dimanche 21 blessés dont quatre enfants et quatre soldats, selon le reponsable de sécurité.

L'adjudant Ammouri est le deuxième militaire libanais enlevé depuis le début des combats à Tripoli, un soldat ayant été kidnappé sur une autoroute du nord samedi soir.

Les affrontements, qui ont fait au total 6 morts parmi les militaires, s'étaient étendus samedi à 10 km de Tripoli, dans la localité de Bhannine, avant de prendre fin dimanche. L'armée, qui continue de pourchasser les hommes armés dans le secteur, a annoncé avoir trouvé trois voitures piégées ainsi qu'un dépôt d'armes et de munitions, dont 50 bombes prêtes à exploser.

Le conflit en Syrie a avivé les tensions au Liban où les sunnites soutiennent leurs coreligionnaires en Syrie qui combattent le régime, et les chiites, dont le Hezbollah, qui défendent le président Bachar al-Assad.

Al-Nosra menace d'exécuter des soldats retenus otages

"Nous mettons en garde l'armée libanaise contre une escalade militaire visant les sunnites à Tripoli", a indiqué dans un communiqué mis en ligne le Front Al-Nosra.

"Nous l'appelons à lever le siège (des combattants) et à entamer une solution pacifique, sinon, nous serons amenés dans les prochaines heures à en finir avec le dossier des soldats otages chez nous, vu qu'ils sont des prisonniers de guerre", ajoute le groupe jihadiste.

"La première exécution des otages se fera ce dimanche à 10H00 (08H00 GMT)", a-t-il menacé.

Depuis début août, AL-Nosra tout comme le puissant groupe extrémiste Etat islamique (EI) retient comme otages 27 soldats et policiers libanais capturés lors de combats contre l'armée dans l'est du Liban frontalier de la Syrie.

Les jihadistes, de confession sunnite, réclament le retrait du mouvement chiite libanais Hezbollah de Syrie --où il combat aux côtés des forces du régime--, accusant en outre l'armée libanaise d'être sous la coupe de ce parti. Ils réclament aussi un échange avec des prisonniers islamistes détenus au Liban, ce que Beyrouth refuse.


RTBF avec AFP

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